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Le moins que l'on puisse dire c'est que ce nouvel album de
radiohead était l'objet des supputations les plus folles.
On parlait d'un album totalement électronique. On nous annonçait
que radiohead aurait construit son nouveau disque autour d'un
feu de joie allumé par des guitares devenues obsolètes. Pas
de clips pas de single, kid a devait être cet objet unique
se suffisant à lui même, et par la même le paravent d'une
carrière en constante expansion. Le livret accompagnant le
disque devait être notre guide. Les paysages sortis des neurones
d'un ordinateur altéré nous faisait rentrer dans l'univers
de radiohead. Everything in it's right place ouvre le disque.
Symptomatique d'un changement, la guitare n'ouvre pas ce nouvel
album. Une suite de collage de mots perçant un orgue parasité
par des échos mystérieux. Survol d'une aire pixélisée sous
des nappes de synthé, vers la lumière. Quelque chose vient
de se passer. Sur Kid A, le groupe est dans un abysse. Un
appel étouffé sort à peine de ce gouffre sonore. Le groupe
prisonnier dans la télé de come to daddy, cherche la liberté
dans l'enfermement. Le monstre sortira de sa boite pour national
anthem. National Anthem est un retour aux sources, mais celles
ci regorgent de nouveaux habitants. Une dérive vers le jazz,
un Mark Hollis énervé sur un flot de basses chavirantes, une
idée des derniers jours. Après ce monument, how to disappear
completely s'immisce, ballade pas si traditionnelle que cela.
La rage habituelle en fin de morceau, fait place à un apaisement.
Radiohead trouve sa route et joue sur celle ci tout en avançant.
Après ce véritable choc, treefingers cache derrière son aspect
de remplissage sonore, un entracte nécessaire volé à Labradford.
Optimistic quant à lui sonne le retour des guitares. On imagine
aisément Thom, le sourire en coin, sonnant le rassemblement
aveugle vers le grand saut vers le néant. Tout le monde va
sourire, les premiers seront servis. Une plongée apocalyptique
vers In Limbo sans réelle passerelle. In Limbo éclate son
bonheur via la voix de Thom. Le groupe affiche dans une communion
rare, le sentiment innérant au retour des grands voyageurs.
Si l'atmosphère se réchauffait, idioteque se présente, froid,
syncopé, désertique. Radiohead singe Aphex Twin devant un
miroir déformant, non loin d'un oasis asséché du nom de morning
bell progressivement ré alimenté, l'arrivée des nuages au
rythme d'un cheval famélique au galot. Si motion picture soundtrack
termine cet album il aurait pu tout aussi bien le commencer.
Un orgue surpuissant rejoint par des cordes voluptueuses annoncent
une suite prochaine, car oui radiohead n'est pas ce groupe
s'épuisant vers une voie de garage pré-programmé par des ustensiles
trop bien aiguisés. Radiohead s'impose naturellement avant
de se voir imposer, le groupe va où il veut sans entendre
les sirènes d'une mode éphémère. Si Kid A est tout sauf une
planche de surf c'est avant tout parce qu'il englobe au sein
même de son supposé inachèvement la notion d'éternité. Ce
disque d'une réalité quasi ascétique l'emporte devant la perplexité
conditionnée face à un changement de direction. Chef d'œuvre.
Gerald
de oliveira
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