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Après Buckley
les chutes de studio, voici Buckley l'album live, terrain
de jeux ou de je de prédilection de Jeff Buckley artiste funambule
aussi proche du mystère des voix bulgares que du trapéziste
manchot sans filet. Ce sont donc des enregistrements de différents
concerts couvrant la période 95/96 qui nous sont proposés
sur ce Mystery white boy, parfaite accroche marketing pour
qui ne connaît pas l'artiste. Alors on fonce la tête la première
faisant confiance à l'ancien guitariste et à la mère de Jeff.
Dream Brother ouvre ce live, parfaite entrée en matière dans
l'univers de l'américain. I woke up in a strange place tranche
avec la relative finesse des compositions de Buckley ; et
cet écho, cet écho…. Sur Mojo pin la musique se fait discrète
avant d'accompagné un Buckley entre deux murs. Lilac wine
tout en lenteur le pas mal assuré une ivresse proche de l'extase.
Alors que What will you say construit un pont entre lui et
ses idoles (son père ?), the last good bye éclate de toutes
ses couleurs à la face du monde après cela c'est le non retour.
Le problème de Buckley outre ses vocalises borderline c'est
son penchant pour le gros son de guitare qui fâche et Eternal
life en est l'exemple parfait heureusement aussitôt contrebalancé
par le magique Grace, en un mot. Après un Moodswing sans intérêt
le meilleur est à venir, trois covers trois perles trois monuments.
Tout d'abord un the man that got away chanté au pied du lit
d'un enfant avant la nuit puis l'appropriation totale du Kanga
Roo d'Alex Chilton. Buckley s'oublie et émerveille avant de
conclure par le magnifique Hallelujah de Coen mêlé avec I
know it's over des Smiths pour un ultime choc. Pour info une
version est disponible avec trois titres bonus. That's all
i ask que l'on croirait sorti d'un jam entre Mogwaï et Mark
Eitzel, Lover, you should've come over toujours aussi entêtant
et enfin so real la plus belle des plus belles et son I love
you inspirant une jalousie maladive. Au sortir de tout cela
le jugement reste, les réticences voient toujours le jour
mais la magie aussi. Un témoignage d'un homme trop adroit
pour être honnête, trop présent pour être mort, un ange.
Gerald
de oliveira
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