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Ah la douce violence de nos peines de cœur. Qu’elle peut être stimulante l’énergie créatrice faisant suite à une déception, tout autant qu’elle peut être destructrice malheureusement. The Wooden Wolf doit les cumuler les peines de cœur, il est peut être le champion du monde, son organe principal devant être raccommoder tant bien que mal grâce à des folk songs aussi noires que lumineuses dans l’approche que The Wooden Wolf en donne.

The Wooden Wolf nous arrive de Sundgau au sud de l’Alsace, et pourtant Will Oldham pourrait demander un test ADN afin de savoir si celui ci n’est pas son frère jumeau, son pendant européen, tout aussi magnifique dans la détresse, tout aussi dispendieux quand il s’agit de donner des émotions.

Les 14 titres de cet album orné d’une pochette aussi désirable qu’inquiétante (l’auteur aurait il fini par séquestrer une déesse) sont des flèches en plein cœur, un condensé troublant de tout ce que la mélancolie peut connaître de teintes. On pourra, comme j’ai pu le lire, s’interroger sur la façon de chanter, si celle ci n’est pas tout simplement un plagiat de l’œuvre du maitre de Palace, mais à quoi bon ne pas prendre ces chansons pour ce qu’elles sont, des plongées dans les entrailles d’une folk musique meurtrie mais digne.

Impossible de ressortir un titre de ce disque quand bien même les ambiances se cherchent une colorie, une senteur différente. Le souffle de vie y est imposant, c’est d’ailleurs le dernier soubresaut avant le trépas qui semble parfois nous être proposé, comme sur le magnifique (si il faut quand même sortir un titre du lot) « Horses in the Storm » chanson presque hurlée (Le Bono des grandes heures semble hanter ce titre) qui donne la chaire de poule et pas seulement parce que l’orage gronde et que la pluie semble tout recouvrir (les larmes ?).

Disque impressionnant par sa densité, ce premier album de The Wooden Wolf est déjà un des disques de cette année qui semble pourtant vouloir être celle de la grosse cavalerie. C’est assurément vers ces chansons vibrantes (violentes ?) que nous nous loverons, nous les eternels mélancoliques, un disque d’amours perdus, mais d’amour quand même. Un coup de cœur violent.




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