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Il en faut parfois peu pour qu’on ait envie de jeter une oreille, puis d’écouter plus attentivement et enfin de chroniquer un album. Dans le cas de cet opus de Julien Gasc, voici mon cheminement personnel. Un titre d’album bizarre et un peu déroutant « Cerf, biche et faon » m’amène à la page bandcamp sur laquelle il est possible d’écouter le morceau « La boucle ». Les baguettes lancent le morceau, le son est résolument lofi, ça respire le 4-pistes des vieux Guided by Voices, Sebadoh ou encore les bordelais de Pull. L’orgue tisse la toile de fond pendant que la section rythmique pose le morceau de manière déterminée. Plus tard, une guitare électrique balance un riff simple efficace, un peu crade. Bon… ça part bien, j’aime quand la texture du morceau vous gratte le derrière de l’oreille. Ensuite, il y a ce chant en français qui semble arriver de loin, reverb judicieusement dosée, – lancinant, mélodique – d’une mélodie légèrement décalée par rapport à la tonalité des instruments… un peu fausse diraient les béotiens qui n’ont jamais perçu l’émotion dans le chant de Nico sur ses albums solos accompagné de John Cale -. L’histoire se déroule, oscille entre mélancolie frippée et réalisme onirique. Eh bien, là, à ce moment là, ça y était l’album me plaisait, m’évoquait la dernière belle œuvre d’Emmanuelle Parrenin et j’avais envie de le chroniquer.

Pour être parfaitement honnête, les autres morceaux de l’album ne m’ont – au mieux - pas apporté énormément après cette claque initiale. « Nos deux corps », en gardant la même posture, explore de beaux méandres harmoniques de Beach Boys de home studio. « Fuck » tend vers du Fauve désembourgeoisé (ça fait du bien !). D’autres parties instrumentales évoquent le son – que j’imaginerais être celui – de Pavement en répétition (c’est cool !). Par contre… par contre, force m’est de constater qu’il faut tout de même s’enquiller une certaine dose de chant qui déraille tellement sérieusement sur la mélodie que même moi je serais tenté de le qualifier de faux. Même si la démarche intuitive de composition et d’enregistrement rapides qui semble être celle du groupe donne du charme à ce projet, on ne peut que regretter un temps de maturation complémentaire qui aurait donné un côté plus abouti à une grosse moitié de la tracklist.




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