> Critiques > Labelisés



Ce fut l’une des meilleures nouvelles de ce début d’année : Michael Head, via le label Violette Records, proposait, en pré-commande, l’achat du premier vinyle (tiré à 450 exemplaires, aujourd’hui fatalement épuisé) de son nouveau projet : sans le frangin mais accompagné du Red Elastic Band. Une galette pour laquelle nous sortîmes fissa la carte bancaire. Pensez donc : que ce soit au sein des Pale Fountains (deux disques parmi les plus beaux du monde) ou Shack, Michael Head reste l’une des très rares gloires anglaises (un peu maudites, certes) à n’avoir jamais déçu ses fidèles. En attendant réception du vinyle fin octobre, petit bonheur d’un dimanche glacial : un mail de Violette Records nous offrant un code afin d’acquérir, pour patienter, le « Artorius Revisited EP » en MP3. Autant dire que ce dimanche-là, Michael Head squatta les ondes des heures et des heures durant, parfois en boucle, tel un vieil ami enfin de retour dans notre quotidien.

Il ne s’agit pourtant que d’un six titres. Et encore : l’ouverture, un instrumental de trente secondes, ressemble à une mauvaise blague singeant le générique de la série K-2000 ; quant-au final, un autre instrumental nommé « Daytime Nighttime », il ne dépasse pas les quarante secondes. Sauf qu’entre ces deux entrées et sorties, Michael Head distille quatre merveilles, quatre fulgurances mélodiques, quatre raisons de toujours vénérer ce songwriter au talent inné. « Cadiz » émeut en premier lieu par la voix toujours intacte, reconnaissable entre toutes, de l’auteur de « Something on my Mind » et « Unless ». Sur un nid douillet de cordes et de guitares enivrantes, Michael Head nous rappelle que le temps n’a aucune emprise sur son art de composer des chansons condamnées à la postérité. Toujours dans le même registre cordes / guitares évoquant immanquablement l’éternel « Pacific Street », « Luncida Byre » réussit à provoquer la grande émotion rien qu’à cette façon tendre et honnête avec laquelle Michael Head chante une phrase aussi banale que « I’ve been waiting for you ». Quatrième titre du EP, « Newby Street » est le gros coup de « Artorius Revisited » : comme un fantasmatique inédit des Pale Fountains (avec trompette de rigueur), le morceau représente une sorte de quintessence pop, une logique simplissime afin d’écrire une chanson qui plus jamais ne quittera votre esprit. Terminus en beauté avec la sourde inquiétude d’un fascinant « Artorius Revisited », LA chanson que Morrissey se révèle incapable d’écrire depuis « Now My Heart is Full ».

Rien que six titres, certes. Mais voici qui permet à Michael Head d’amplement remporter la mise et de susciter les grandes attentes. Vite, le vinyle, maintenant !




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.