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Tiens j’ai envie de prendre du thon à l’huile. Merde j’ai oublié les œufs. Allez je traîne un peu, rayon jeux vidéo. Je glane, je zone, "ouah les belles oranges", "oui madame les fraises sont en avance". La roue arrière gauche du caddie est niquée, comme toujours. Notre petit veut acheter tout le rayon jouet, je ne sais pas quelle salade choisir. Putain la bière c’est quand même moins cher qu’au café...si j’en achète et que je la bois en scred ce soir ?

Et là je me réveille. Non, je n’étais pas en train de faire mes courses ??? Ah non, je m’étais endormi avec le dernier Morcheeba, casque sur le cerveau. En douze titres, le groupe que j’ai auparavant adoré décline douze leçons de "comment faire la même chose en simulant le changement". Au menu donc, du convenu conventionnel et conventionné, estampillé marque repère, mais jamais eco+. Je veux dire en fait : rien de mauvais, mais de là à parler de bon...il y a le même gouffre qu’entre un sandwich daunat rayon frais et un restau familial. Douze titres fast food, digérés aussitôt qu’ingérés, régurgités ou ressortis par en bas selon les capacités de chacun.

Méchant ? Un peu, mais franchement j’ai adoré ce groupe, et ce sur cinq albums !!!

Certains me verront déjà maso. Mais ils avaient cette science du refrain, parfois à la limite du pompier, mais jamais au delà. Ils avaient un son, un monde, une musique ouverte que j’ai aimé jusqu’à Antidote. Ce disque marque ma dernière avec eux. Comme une apogée ("Everybody loves a looser" c’est un titre de dingue, excellemment radiophonique). Et après je me suis lassé. James Petralli sur "Call it love" ne rattrape rien, avec ses faux airs de Dan Auerbach d’autant que le morceau ressemble à une b-side de The Black Keys, bonne b-side au demeurant.

Bref la formule de ce groupe me soule, c’est bon au goût mais nutritionnellement dégueulasse. Fast food sonore, j’en ai marre de "couplet refrain couplet refrain passage refrain". Pourtant le son est bon, la voix toujours belle, les arrangements des messieurs toujours bien vu, mais voilà c’est peut être le disque de trop, comme si Morcheeba n’avait qu’un seul scénario à proposer et ne changeait que le nom de ses personnages. Aussi systématiques que les productions Disney, chaque morceau est entendu, on devine la fin dès le début. La subtilité du big mac.

Morcheeba a toujours été poli et inoffensif et ça leur réussissait parfaitement (le superbe "The Big Calm"). Pourtant parfois la politesse sonne faux-cul. "Under the ice" n’est pas mal, même si catch in the ice aurait été plus cohérent. "Finally found you" qui clôture est typique de leurs habitudes, routine sympathique.

Vous allez me dire, et vous aurez raison, que parfois un plat de flageolets est tout à fait satisfaisant. Peut être que j’avais besoin d’autre chose, peut être que j’attends trop d’un groupe et surtout qu’il ait quelque chose à dire avant de l’ouvrir. "To be" aurait mieux fait d’être "not to be", mais entérine au passage le concept tant attendu d’hip hop pour la ménagère, trip hop findus.

Morcheeba a dépassé de trop la barrière du fréquentable et du "bon pour publicité", battant à plate couture The Black Keys. J’espère pour eux qu’ils ne leur niqueront pas l’exclu sur les cross over.




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