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Quand ils étaient enfants les frères Bornati n’ont jamais entendu cette phrase que les parents doivent répéter au moins une fois par jour à leur progéniture, « allez ranger votre chambre ». Chez les Bornati Il devait y avoir la permission du foutoir que l’on sait de toutes les façons organisés, car un enfant veut toujours retrouver ses affaires sous peine de devenir un dangereux psychopathe pour ses parents.

Cette liberté, les deux frangins ne l’ont jamais trahi, car leur musique est à l’image d’une chambre d’un enfant qui aimerait le contact entre plusieurs séries de jouets, les playmobil mettant une raclée aux Pokémon, les animaux de la ferme battant dans un partie de football endiablée les soldats de plombs. Si nous étions mal élevés nous parlerions d’une fantastique partouze chez les enfants, une séance d’enfilage ludique à l’intention des jeunes et des moins jeunes. Les onze titres de cet album qui a tout d’un feuilleton hilarant et crispant (psycho, cry, melodrama, sacrifice) combinent sans aucune posture arty, les différentes tendances qui font danser les jeunes galieristes qui mettent des slips 100% français. Avec « Marshmellow » les Liars sont invités pour manger des sucreries à en vomir, avec « Fuckfolk » Beck est un vieillard qui ferait honte à son aïeul fondateur du Fluxus (« More Space » aurait été un tube de « Odelay »), les deux Twomonkeys rebondissant sur le sommier d’un lit qui ne doit sa solidité qu’à des rafistolages avec de la pate à modeler.

Habitués qu’ils sont à des installations, à des projets mêlant les arts, nos deux chenapans savent mettre le corps au cœur de la musique, jouant des muscles, faisant de la dissection un art nouveau, mais sans une goutte de sang, car les objets passant sous les scalpels sont des peluches qui ne vivent que pour ne pas finir dans un coffre à jouer. Avec « Psychobabe » Twomonkeys donne au désordre un sens, et propose donc à nos cerveaux au rangement aléatoire une alternative aux chapelles faussement transverses, un vrai coup de balai dans la chambre trop bien rangée de la musique actuelle et de ses pantins mercantiles qui sont des enfants de l’ordre. Vive le désordre.




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