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Hyperclean, c’est hyper simple : à la base du groupe, Frédéric Jean, entouré d’artistes qui comme lui font du partie du collectif Génial (qui n’est ni tourneur, ni producteur, ni programmateur, c’est écrit sur le site) : Benjamin Glibert (Aquaserge), Julien Gasc (Stéréolab, Laetitia Sadier, April March, et Julien Gasc Lui même), Julien Barbagallo (aussi batteur de Tame Impala), Pablo Padovani (Moodoid) Émile Sornin (Forever Pavot) mais aussi Emmanuel Mario (Astrobal) et Jesse Vernon (Morning Star) Ludovic Dulac.

La Souterraine, développé par Almost Musique et Planète Claire, propose des compilations d’artistes français méconnus, les compils Mostla. Dans le cas d’Hyperclean, c’est une Mostla Tape qui est en ligne, téléchargeable gratuitement.

Dix morceaux gratuits, tous en Français, majoritairement enregistrés en 2002, Le Pénis, dernier titre, ayant été enregistré en 2014. C’est une excellente manière de découvrir Hyperclean : sur fond d’arrangements électroniques, de guitares, c’est une élégante alternance de punchline marquantes et de textes poétiques et amusants. « Je suis sous le soleil, tu vois » reste longtemps en tête, c’est un morceau imparable et très actuel (Sous le Soleil). Dans la version alternative du Pistolet, la voix de Frédéric Jean se mue, plus grave, alors que derrière les cordes et la musique de type bossa s’accordent pour alléger la chansons aux paroles dures (il s’agit quand même de rêver de tuer des gens), un décalage accentué par un sifflotement léger et ironique. Dans la ritournelle du Grand Escalier, il y a une touche d’Arnaud Fleurent-Didier, de l’élégance. « Je fume américaine sur un air de Nirvana », entonne-t-il, bagout à la Gainsbourg, désabusé, dans Nirvana, il prend des airs de chanteur yéyé dans L’Escalier nazi yéyé et devient plus gourmand et salace dans La Langue (« ma langue se tord comme du réglisse au fond de son palais impérial ». Drôle de chanson que Capitaine Cool, faussement chanté devant ce que l’on imagine un stade plein, alors qu’il y a cause de cunnilingus. Preuve du sens de l’humour, L’Homme qui marche vite est d’abord une réponse au pistolet, et une référence (enfin, ce n’est que mon avis) aux grandes heures de Bernard Lavilliers : guitare saturé, claviers, grosse batterie, grosse colère dans les textes (même si on ne comprend pas très bien son obsession contre les « Mickey » : « Ma mission fantastique, dégommer des Mickey »). L’Horizon est une chanson toute calme, plus grave aussi, mais difficile de dire s’il n’y a pas encore de la malice, les deux voix ayant un peu de mal dans les aigus, pare que c’est limite too much, dans les paroles (une seule phrase) (« toutes les choses que nous avons faites ont sûrement déjà été faites »), dans les arrangements. Roch Voisine a du les inspirer pour cette ballade. Le Pénis, donc, dernier titre, évoque l’anatomie des hommes et des femmes, le sexe, les « langues frétillent autour des cuisses » et les « bouches se mordent », encore là, dans les jeux de mot et les arrangements, c’est Gainsbourg qui est convoqué.

Tout l’art d’Hyperclean est d’associer à des airs prétendument légers un vrai sens du tube, de la chanson pop, des textes taillés au poil pour des compositions ironiques.

Do Marshall

http://www.genial.pro/band/hyperclean

http://souterraine.biz/album/la-mostla-tape




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