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Comme quoi une carrière est parfois un jeu d’équilibriste. Vous faites une émission de radio le même jour que Cali, celui ci vous enrôle pour écrire ses chansons, ou pire …euh mieux encore vous êtes dans une station d’autoroute pour subvenir à un besoin naturel ou pour calmer une ménagerie (les enfants) qui ne supporte pas le voyage, et là vous tombez nez à nez avec Bernard Menez qui vous rétrocède les royalties de « jolie poupée » tombant raide dingue des yeux de votre fille. Et bien Triggerfinger a une carrière comparable à cela, un conte de fée qui n’arrive qu’à eux ou à Bernard Dioméde. Comme le bon Bernard qui s’est retrouvé dans un bus menant au stade de France pour y jouer une coupe du monde, nos 3 musiciens d’Anvers ont gagné le ponpon en jouant une version de « I Follow Rivers » de Lykke Li pour une radio hollandaise.

Suite à cela Ruben Block, chanteur de fonction et sa petite troupe ont accumulé des dates de concerts supplémentaires, ont fait le tour des Etats Unis et d’autres Etats moins unis mais tout aussi libres, avant de poser des valises bien pleines à Los Angeles pour enregistrer une suite à un premier album qui serait resté quasi aussi connu que vous et moi, sans une radio batave qui doit donner une inspiration égale à celle de Lars Van Trier quand il regarde un oisillon mourir en agonisant suite à une chute du nid.

Embourgeoisés à en rire (la belle pochette montre le trio dans une posture et dans un lieu aussi kitsch que ronflant) les trois musiciens n’ont pas fait dans la demi mesure, dispensant un rock blues teinté de pop dans ses meilleurs passages. Car Triggerfinger ne fais pas dans la dentelle sur ce disque. On frise souvent les frontières aux crépis déglingués d’un rock gras FM puisant ses goutes de gras dans les pores les plus bouchés d’un hard rock pour garçon coiffeur dans le livre de la mort. De cette ambiance apocalyptique pour les oreilles fines de votre serviteur, deux titres seront à sauver et même à écouter en boucle.

Tout d’abord « Perfect Match », un tube imparable avec le petit gimmick qui va bien, et le panneau nostalgique pour me tirer de ma torpeur, panneau sur lequel les lettres The The sont gravés. Mais la véritable perle de cet album, morceau maigre au milieu des côtes grasses sera « Big Hole » titre que l’on imagine parfaitement sortir de la discographie des Black Keys pour une levée de fond en l’honneur de Robbie Robertson. Ce titre tournera en boucle chez moi, comme peut être l’avait fait cette reprise de Lykke Li, et expliquer que le trio est un groupe d’un titre au plus, mais un titre porte bonheur. Un groupe d’équilibristes sur des fondations solides.




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