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Le nom, le nom est important, le nom de toute chose est sa définition, son sens, sa couleur. Porter un nom, c’est élever un drapeau sur sa citadelle, alors pourquoi ce nom, pourquoi Prieur de la Marne, outre les faits historiques, l’orateur révolutionnaire, pourquoi ce nom. Pour l’étrange, le gout de l’union de ces mots dans la bouche, dans les oreilles, dans le cerveau, pour attirer ma curiosité ? Je n’irais pas puiser les raisons, ce ne sera que par plaisir, surement, un plaisir.

Derrière, il y a ce projet, j’aime tout autant ce mot, projet. Des covers, des disques entiers de covers, il y en a des tombes et des tombes, mais des viols, des appropriations, des déchiffrages, il n’y en a hélas que peu. Il faut trouver la chanson qui soit déjà un peu nous, qui aie notre couleur de peau, des images de nous, des rappels d’instants, ce ne sont pas obligatoirement ces vieux retours FM, mais des bribes internationales de mélodies usées dans nos mémoires. Prieur choisi dans le tas de ses errances les thèmes qui supporteront de nouvelles histoires, unissant les ultimes souffles d’étoiles brisées aux sons souvent exotiques d’années sauvages et maudites, bandes sonores d’un ciné léger en surface, cruel dans ses profondeurs.

Bien sur l’étrangeté du jeux des annonces télévisés des suicides de Romy ou de Patrick, icones d’un temps, de façades baroques et lumineuses, mais de salons obscurs et vides de meubles, où de l’avènement d’un Mitterrand tant ironique joue des intérêts sur les Vassiliu, Yves Simon et myriades d’Italos, musiques parfois si estivales qu’elles en détruise la noirceur du thème traité, Prieur joue les contraste d’un savoir faire intime, a sa manière de traiter les coïncidences, puisque Prieur de la Marne est un traiteur de son, au-delà du musicien et sans doute grand mélomane, il est traiteur d’images sonores, traitant comme on traite une photo aux acides, au soufre, colorant ou surexposant, et cadrant chaque phrase sur chaque chansons, dotant Christophe d’un autre visage et Grace Kelly d’une autre vie. On se perd ? Il est juste question d’écouter, rien n’oblige aux psychanalyses, quoique…

Alors plus loin que les covers et les retouches photographiques, jetez une ouïe sur l’étrange nouveau monde, peut être difficile de comprendre, mais pas d’écouter.




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