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Au milieu d’une Europe en crise, qui s’enfonce donc dans la déflation et l’atonie suicidaire, survit le Reverend Beat-Man. Qui depuis si longtemps harangue, provoque, éructe, crache sur/pour ce beau continent oublieux de lui-même. En prêtre défroqué, dépravé mais auréolé d’une authenticité inégalée, il est le seul à ramener le blues et le rock garage à la maison. A ses racines autres, mais pas moins profondes. Au cœur de l’Europe.

Mieux encore. Au sommet de l’Europe. Et de là-haut, il gesticule, frappe guitare et batterie. Un rictus halluciné comme cicatrice au visage. Costume de prédicateur, mèche inquiétante, voix détruite. Et il convertit à tour de bras. Il pervertit autant que possible, plongeant celui qui l’écoute dans son eau bénite. Qui n’est qu’un verre de whisky ou de bière. Tant qu’il vivra, que sa musique monstrueuse et démente retentira, l’Europe pourra se sauver d’elle-même, ne sera jamais totalement ce ramassis de bureaucrates ternes et d’Etats honteux d’être ce qu’ils sont. Elle demeurera surtout un volcan en ébullition. Vivante donc.

« Elle s’introduisit dans son corps,

cette société

absoute,

consacrée,

sanctifiée

et possédée ».




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