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De temps en temps, la musique c’est simple. Aussi. Je veux dire : vraiment simple. Parfois, j’aime quand un disque ne m’inspire pas d’émotions trop profondes, quand il ne vient pas me percuter, me remuer les tripes, quand il n’appuie pas sur les plaies, les blessures, quand il ne m’oblige pas à me regarder en face, à penser à tout ce qui nous éloigne, de la vérité, de la vie, quand il ne me force pas à réfléchir, quand sa musique, ses chansons réveillent en moi l’envie d’attraper la première voiture qui passe, d’embarquer un ami et de rouler plein sud ou plein ouest, peu importe, de ne plus penser à ma tendre enfance, à mon futur incertain ou au présent soluble. Oui, j’aime aussi ces disques qui ramènent à la surface de mes routines ces années dorées et insouciantes où la musique était certes, une question de chansons, de compositions, mais aussi et surtout d’énergie, de bonnes vibrations, de partage, d’amitié, de fraternité adolescente, de soirées, parfois même de danse. Mettons, dans mon cas, 83-89 et ce cocktail euphorisant, mélange de new wave et de pop anglaise calibrée. J’aime ce genre de disque parce que je sais bien que même dans ces cas là, même dans ces années-là, la mélancolie, les questions existentielles, les réminiscences, l’enfance n’étaient jamais parties très loin, les morsures n’étaient jamais vraiment cicatrisées, qu’il suffisait d’un verre de trop, d’un coup de mou, d’un maillon de la bande qui craque pour le barrage s’ouvre et que tout reflue à nouveau. Il était alors, il est alors question de profiter aussi de ce moment qui passe, d’être présent à soi, aux autres, à cette vie qui souvent défile sans qu’on y prête attention, trop occupé à regarder à l’intérieur ou en arrière.

Voilà pourquoi j’ai une tendresse particulière pour ce troisième album du trio anglais. Parce qu’ils sont parvenus à ouvrir l’angle de leur musique, à la réchauffer sans perdre ce qui faisait leur fraîcheur, leur spécificité. Un véritable album de pop songs, écrit, portés par des tubes (au bon sens du terme) potentiels, (« Modulate », « Someone », « Save Myself »,…), des ritournelles qui s’installent dans votre tête pour un moment, album dansant, groovy, chaud, sensuel, vif, avec des échos de voix qui rappelleront quelques fameux chanteurs new wave (« You Only », « Please ») mais qui sait aussi surprendre et s’éloigner des sentiers rabattus de la pop millimétrée (« Heart Jump »), ralentir et réfléchir (« Every Stone », « Blue »). Un disque réellement vivifiant, mais peut-être pas si insouciant que ça.




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