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J’ai mis un an à chroniquer son premier ep. Lorsque la chronique a été publiée, il m’a dit “merci, tiens au fait mon album sors le mois prochain”. Ça m’apprendra à avoir autant de latence. D’un autre côté ça aura eu l’avantage de me faire immédiatement replonger dans son monde et d’être happé par son évolution.

Son ep contenait de nombreux possibles. A l’heure de l’album, je me demandais quelle ligne il allait choisir pour ce format. Et bien il a choisi de faire rentrer la diversité dans l’homogénéité.

L’homogénéité dans l’ambiance, le son, le ressenti que procure ce disque qui s’écoute comme une unité.

La diversité quand à elle s’insinue dans chaque chanson. Si ce disque était un tableau, il tiendrait dans un cadre avec un même effet de lumière, mais représenterait autant de scènes qu’il est possible d’imaginer. Certaines ne devraient pas se côtoyer, mais cette même lumière, cette harmonie du regard les rapprocherait. C’est ainsi qu’on passe du folk clairsemé de blues de "January" (avec ses chœurs évaporés il ferait rêver Sufjan Stevens) au magnifique safari sur la lune de « Presque une île » tout en offrant une épopée magique avec « Talking Loud » que Bob Ezrin aurait à coup sûr aimé produire. Et si faire tenir tout ça dans un cadre ne vous a pas suffit, foncez vite écouter « Move, try, do », ou comment trouver le nom qui correspond parfaitement au morceau, écriture sonore, bande originale d’un texte. Cet album montre que tout peut cohabiter, seule compte l’interprétation. Manolo Redondo gagne encore en pertinence, mène ses morceaux en leur laissant un espace de liberté, traîne ses passages pour laisser nos pensées prendre le temps de s’écouler au gré de longs plans séquences. Une goutte qui tombe a deux principaux destins :

- tomber dans l’oubli de l’océan, ce qui signifie aussi rejoindre ce tout qu’elle compose

- tomber loin de l’océan et faire une tâche, une marque, déformer la vue un instant

L’album de Manolo Redondo peut faire les deux à la fois. Il rejoint humblement cet océan d’excellentes productions musicales, ajoutant sa goutte à ce tout dans lequel on aime plonger.

Mais il tombe aussi en plein dans mon œil et éclairci ma vue le temps d’une écoute.

PS : j’en profite pour remercier Microcultures qui a une constance dans la production d’exception. Et aussi parce qu’ils font ce que je n’ai plus envie de faire : remuer trois tonnes de merde pour trouver des petites pépites d’or. En fait ils font humblement et patiemment leur boulot de label défricheur, d’artisan du bonheur et d’aide à la réalisation. Alors chapeau et bonne continuation, on en a bien besoin.




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