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La saison estivale apparaît comme le moment bénin afin de recevoir un nouvel album de Seapony (le troisième, déjà). Les neurones grillées par la canicule, un Ricard à la main, un chat amorphe sur les genoux : dans ces conditions, impossible d’amicalement se farder le comeback des Chemical Brothers (nul), le pétard mouillé Tame Impala ou le néant Demarco. Non : place au léger, au futile, à l’agréable éphémère. Sur ce point, le trio de Seattle (dorénavant quatuor puisqu’un batteur remplace les jolies boîtes à rythmes d’antan – ce qui, en soi, ne change absolument rien tant celui-ci est d’une discrétion toute serviable) fera l’affaire.

Pas de grandes théories à développer au contact d’une galette que l’on connaît déjà par cœur avant même la première écoute, mais le simple plaisir de surfer en territoire acquis. « A Vision » reconduit (sans surprise) ce qui émoustillait la fibre nostalgique, en 2011, lorsqu’on achetait « Go With Me » : sourire Pastels, indie-pop C86, mélancolie Astor. Tout au plus Seapony s’offre-t-il à présent quelques ballades dénudées (rêveur « Hollow Moon », badin « Go Nowhere ») – pas encore aujourd’hui, le virage noisy. Et c’est très bien tel quel : sorte de Ramones de la dream pop, Seapony ne conçoit guère le décalage horaire ou le flux constant des informations.

Alors oui, bien sûr : quand viendra le moment de la rentrée (et son cortège de sorties mastodontes), il sera naturel d’oublier cet album trop gentil pour oser concurrencer, au hasard, New Order et Low. N’empêche : durant quelques jours d’été, le troisième Seapony aura enjolivé le romanesque quotidien d’anciens accros à Stephen McRobbie. Rendez-vous en 2017, à la même heure, avec des intentions similaires…




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