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Quand l’inculture est en passe de se prendre de plein fouet le mur de la honte, je me prosterne à genoux devant la possibilité de réparer les impaires avant de finir avec un nom rattaché au mieux à des sobriquets, au pire à rentrer dans la famille des porteurs de bêtises, mais ne voulant en aucun cas derrière la recopie honteuse et facile d’une notice wikipédia devenue le refuge des menteurs encyclopédiques.

Car non je ne connaissais pas Marvis Staples et encore moi The Staple Singers. Je savais qu’autour des derniers disques de Marvis Staples trainait le leader de Wilco. Je ne savais pas qu’elle avait le même âge que ma tendre maman. Que comme ma maman elle faisait de la musique en famille. La comparaison pouvait déjà s’arrêter là, je pouvais serrer fort entre mes bras ces chansons, dont certaines d’un autre temps (le EP est composé de deux relectures de morceaux de The Staples Singers, et de deux chansons originales) j’avais le frisson de la stupéfaction et de l’attendrissement, ou de la mélancolie qui m’étreignait jusqu’à me piquer les yeux.

La voix ne trahit que rarement l’âge de Mavis, par contre elle ne trahit pas des moments de luttes qui semblent resurgir à la manière d’un film d’épouvante dans l’actualité américaine. Oui Fight, fight, fight, toujours encore, pour ses droits, pour sa vie. Chez Mavis Staples on chante la mort les dents serrées (See That My Grave is Kept Clean) mais l’âme tellement grande ouverte que la vie sourira toujours au nez de la mort du mauvais tour qu’elle pensait lui avoir fait.

« Your Good Fortune » est certainement une drôle de porte d’entrée dans l’univers de cette grande dame, mais c’est celle que j’ai empruntée, avec un rien de timidité face à l’histoire que recouvre cette vie d’artiste. On pourra alors se targuer de trouver des connexions avec certaines pratiques vocales d’Arcade Fire, on pourra avoir envie d’écouter Gorillaz pour trouver chez Albarn une nouvelle trace du passage dans cette bibliothèque de l’éponge malicieuse et chaleureuse qu’il est, et on aura surtout le temps de se replonger dans les œuvres passés de cette voix qui ne fait pas son âge, mais qui porte en elle une histoire américaine, que l’on ne raconte pas dans les livres pour érudits menteurs, mais que nous chantons par soucis de transmission orale.




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