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1- Désordre

New Order est le plus grand groupe du monde. Voilà, c’est dit. Maintenant, il faut avouer nos liens de plus en plus poreux avec les Mancuniens. Car au fond, Republic aurait pu servir de parfaite épitaphe à cette histoire aussi cruciale qu’inspirante. Au lieu de cela, NO s’offrit un comeback, en 2001, via un disque que nous avons acclamé jusqu’aux… regrets. Avec le recul, Get Ready s’impose, en effet, comme surproduit et plutôt lassant (du reste, existe-t-il un bon disque dans lequel participe Billy Corgan ?). Ne parlons pas du livide Waiting for the Siren’s Call, suicidaire compromis tant les divergences Sumner / Hook se répercutaient sur la forme artistique, jusqu’à tuer celle-ci…

2- Thieves like us

En 2015 donc, notre rapport à New Order ne fonctionne plus vraiment sur un mode idolâtre. Fidélité adolescente et respect courtois justifient l’écoute de Music Complete. De même, avouons que… que… que rien, en fait ! Hypocrites, sommes-nous : il serait tellement naturel de tuer notre passé New Order, de tirer un trait définitif sur Power, Corruption & Lies, d’oublier 1963 et Perfect Kiss ; mais c’est impossible. Nous avons beau nous persuader qu’il ne faut rien espérer d’un nouveau NO (même sans Hooky), ce n’est que bullshit. Ecrire ce nom procure toujours des frissons : New Order.

3- Confession

Music Complete ? Perso, j’ai à peine écouté les deux singles, j’ai refusé de télécharger l’album ou d’accepter un quelconque lien watermark. Pour cause : l’attitude blasée, ou prétentieuse, peut nous conduire à minimiser la sortie d’un disque « important ». Mais lorsque arrive enfin le jour X (25 septembre, cette année), le téléphone est coupé, les copines sont plantées, la boite mail n’accuse aucune réception. Le moment où, souriant, New Order nous tutoie : voilà qui s’apparente à une date iconique, de celle qui ne s’oublie pas (que le disque soit bon ou pas).

4- True faith

Commençons donc par la conclusion : Music Complete est une putain de bonne surprise ! Sans doute l’album le plus libre, désinvolte, couillon, euphorique, barré, festif, hilarant (etc.) de New Order depuis… Technique ? (Dont ce « neuvième » opus en reprend quelques lignes importantes, mais passons car tout le monde en a conscience.)

Loin de la pop trop concernée de Waiting…, Music Complete ressemble à un joyeux (et galvanisant) bordel où s’entrecroise un peu tout et n’importe quoi : Moroder, acid house, Nile Rodgers, clubbing, Chemical, transe, Killers… Sauf que New Order possède un don du ciel : transformer le mauvais goût en modèle d’évidence et de suavité. Incontestablement, Sumner, Morris et Gillian s’éclatent ici à mort, trop heureux de faire joujou avec du très lourd, du « bien pute comme on l’adore ». Mais la musique de NO ressemble aux paroles de Barney : niveau CM2, recalées à l’épreuve littéraire du baccalauréat, indignes des grands poètes. Et pourtant : pour rien au monde nous n’échangerions un couplet simpliste de Barney contre trois pages en proses de Moodoïd ou Grand Blanc. Ce mec, avec son langage néandertalien, exprime mieux que personne des vérités enfouies, des évidences qui nous touchent (Morrissey, actuellement, adorerait écrire ce genre de textes). Il en va de même musicalement : primitif, le son NO n’appartient dorénavant à aucune étiquette. « Kezako », se diront aujourd’hui les apôtres nazes d’une musique lettrée (prétentieuse, en fait) ? Rien, les couillons, ce n’est que New Order. Et Barney, il vous emmerde !

5- Sunrise

Quatre affirmations en conclusion :

1) Il ne fallait que New Order pour redonner crédibilité à un Iggy depuis longtemps perdu pour la cause.

2) Il ne fallait que New Order pour rendre enfin « humble » le terrible Brandon Flowers.

3) Il ne fallait que New Order pour oser remplacer « le plus grand des bassistes » par un duplicata (Tom Chapman, parfois efficace mais trop souvent tributaire du « grand absent »).

4) Il ne fallait que New Order pour lier, de façon invisible, les productions de Stuart Price et de Tom Rowlands.




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