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Bon c’est un fait avéré je sais maintenant qu’au moment de trépasser je ne vais pas stagner longtemps au purgatoire, attendant une décision en ma faveur. Ce sera l’enfer directement, pas de vierges, pas d’anges, pas de lit cotonneux à manger du raisin en écoutant les œuvres complètes de Salvatore Adamo.

Non c’est acté. Et vous allez me dire pourquoi ? Quel est ce méfait.

Il porte une lettre, pas le X de la pornographie ni le Z de la série qui fera se pâmer des dizaines d’années plus tard les amoureux du décalage (vous remarquez comme chanter faux et un gage de succès depuis un certain temps ?). Nous la lettre c’est le K, The K, et son écoute répétée et de plus en plus appréciée. Il n’y a pas de fourvoiement dans cette écoute, pas même une contrainte impossible à endiguer sous peine de passer pour le vilain petit canard. Non, il y a eu dans ces écoutes tout d’abord de la curiosité souvent le fruit d’une pochette intriguant, et celle de « Burning Pattern Etiquette » l’est. Il y a ensuite le désir d’aller plus loin, de se plonger dans les méandres d’un disque qui saura vous aguicher, et pour finir il y a le plaisir d’être entrer dedans, sans pour autant chercher une quelconque porte de sortie, bien au chaud, bien chahuté, subissant une pression presque curative.

Enregistré sur une longue période (un an) « Burning Pattern Etiquette » a tout du guet apens formidable, celui que tout le monde vous jalousera. Dés « Instructive Behaviour » c’est un refrain pop aussi aguicheur qu’Hammurabi, pour mieux nous faire rentrer dans l’antre de la bête. Nous entrons donc, et très vite le sol se dérobe sous nos pieds, ou plutôt fond, nous donnant une allure d’échassier se débattant dans une cuve de pâte à mâcher (Flatter Me (Caress Me Too)).

L’échappée sera alors impossible, tout juste celle vers un ailleurs que les Flaming Lips auraient inventé, une alternative au paradis et à l’enfer, avec sa dose de fausse tranquillité, un piège dans lequel on ne brule pas, on se consume. (The Mermard Of Venice).

Dans ce royaume du feu, tout est en fusion, le math rock, le garage, le son des 90’s (« Sleeper Hold » comme un inédit inespéré sorti du Goo’s de Sonic Youth) sont fondus dans une marmite à l’épaisseur gargantuesque.

Disque composé à la basse, il fait la part belle aux rythmes, une bénédiction dans cet enfer où le sol nous brule les pieds (Priggish est un tube imparable) et nous réchauffe l’ensemble de nos sens souvent endormis dans la quiétude de nos vies colmatées par des joint en silicone. Mais jamais nous ne croiserons pour autant le malin, même si sur « Pink Hiss » il semble faire une apparition, à moins que les ombres ne soient celles d’un pyromane.

Voilà, je vous parle de cet enfer, ce paradis contre l’ennuie, cet endroit qui se moque des routes balisées, empruntant les chemins de feu, ceux de la création brulante.




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