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Je suis né dans la nature, dans une petite ville si tranquille qu’il était impossible de savoir quand elle était réveillée et quand elle somnolait, vous savez, ces cités infimes d’Aout morphine agréable et hivers de cheminées affables. Autour tout était vert, peut être trop vert. Je dis cela pour conter ceci, pour trouver une raison a cette rage soudaine qui fit tourner mes soupirs de ces chansons de radios et des disques sages a des hâles rageurs de vinyles industriels et méthodiquement répétitifs, au bord de l’inhumain et l’insensible, ou, du moins, dans une autre dimension de l’émotion. Oui, j’ai côtoyé les « Front 242 », les « Test dpt. » et ces industries sonores, bien sur, après la grosse colère, le môme se tranquillise peu à peu, apprécie Anne Clark et même Laurie Anderson, retrouve des sensations perdues dans les kraftwerk et quelques teutons, puis se rends aux plus accessibles Dépêche Mode, jusqu’à trouver des medio tempos, des justes milieux, des équilibres aux rages. Là nichent XMal Deutschland ou Clan of Ximox, des limbes incertains. C’est cet air allemand, ce froid dans l’intérieur de nos os, qui ne se sache qu’avec plus de froid, la balle qu’on exile de la blessure avec une autre balle, Schönwald est une région allemande, Schönwald est un groupe de rage, de ceux qui ont bousillé le soupir du môme pour en faire une respiration, c’est ça que cherchait le petit villageois, l’autre possibilité de monde, l’autre son, l’autre manière de sentir. Bien sur je suis plus sage qu’alors, bien sur j’ai arrondis mes angles et je me retourne plus vers la nature, on revient toujours d’où on est, la musique aussi est une patrie. Mais voila, Schönwald, duo italien formé d’Alessandra Gismondi et Luca Bandini, oui, italien (on leur donne plus facilement des visages de walkyries et des corps de Schiele), Schönwald, disais-je, m’a retourné aux années d’usines sonores, cette nuance noise qui recouvre des mélopées tristes entre Wagner et l’ordinateur où joue (elle n’est pas la seule à jouer ce rôle) à la lolita Alessandra, l’eternel contraste voix de fillette sur mur de béton armé. Il y a un plus, chaque groupe a un plus qui fait avancer la musique, et ces italiens-pseudo-germaniques ont une touche de sauvagerie qui perce même le froid électronique, une révolte qui emporte chaque recoin de leur Ravenne où ils demeurent et créent, déforme les rues, bouleverse les lacs et reliefs de brumes et orages, ce petit don qu’ils ont de transformer toutes couleurs en clairs obscurs de noirs et blancs en préservant les saveurs les plus acides. Schönwald est en fin de compte, cette hypnose sonore qui nous fait rétrocéder a notre âge industriel, hypnose puissante, forte, marche militaire, chaos, toutes ces choses qui font rêver les mômes de villages qui ont découvert dans la maturité qu’on veut toujours ce que l’on n’a pas. Schönwald découvre dans les espaces entre lumières parallèles une cité de métal et de bruit, tout ce qui attire les enfants, un chaos poétique, une fabrique engraissée de songes et marteaux.




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