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Le shoegaze est vraiment de retour. Ici il est comprimé dans une chambre d’écho, interdisant à la moindre cellule de votre cerveau de s’émanciper de ce vacarme hallucinant. Démonstration que le retour sur soit ne peut exister que dans le silence ? Peut être pas, mais la musique de Sound Sweet Sound est une machine dictatoriale qui pourrait nous démontrer le contraire. Nous sommes dociles face à elle, comme les coréens du Nord devant le passage de la grosse baudruche. Sauf que Sound Sweet Sound veut notre bien, même si le niveau sonore bave surtout, débordant des quatre points cardinaux.

Chez Sound Sweet Sound il faut faire preuve d’imagination. Imaginer par exemple Mazzy Star sous une lumière brulante, avec Hope Sandoval en état d’ébriété, et David Roback qui aurait troqué ses guitares ariennes mais confinées par des parties plus musclées, donnant à cet ensemble un côté Black Angels, une matière hypnotique, lourde comme le pas pesant d’un ogre sonore.

La musique de Sound Sweet Sound semble creuser toujours plus profond, sortant même de l’ombre une Daisy Chainsaw, qui sevrée de lumière hurle à la mort, les yeux brulés par le soleil et la stridence des guitares de plus en plus puissantes. C’est elle d’ailleurs qui semble imprimer, donner la couleur, en témoigne Holy Songs sur laquelle là ce sont les fantômes d’un My bloody Valentine qui rodent. Mais si l’ensemble se laisse apprécier comme une belle collection automne hiver, il y a des excès, des ratages, comme les deux derniers morceaux, qui se perdent, entre clin d’œil nombrilisme, improvisation exagérée. Le groupe se perd alors dans un malstrom, bien loin de la justesse dans le chaos des précédents morceaux. Me and Myself semble être tiré d’une vieille tradition (enfin au début du gravage des cd’s de façon domestique) qui consistait à mettre un titre après 25 minutes de blanc, histoire de rendre la gravure quasi impossible sur des cd’s vierge ne dépassant pas les 60 minutes.

Mais on gardera un œil, et les oreilles sur ce groupe, qui séduit par sa multiplicité de routes avec comme point commun la notion d’avancer vers quelque chose, la lumière au bout d’un tunnel probablement, d’une chambre d’écho.




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