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Voilà un disque qui nous aurait été bien utile en novembre 2015 tant ce deuxième DIIV est porteur d’une lumière revigorante pour l’âme, bénéfique pour le cœur. À vrai dire, il s’agit d’une surprise. Non pas que l’intègre Zachary Cole Smith se positionnait alors en deuxième division (l’album Oshin reste hautement recommandable). Rien ne prédisposait cependant le new-yorkais à sortir une œuvre aussi majestueuse, pour tout dire proche de l’absolue perfection, telle que Is The Is Are. Car en quinze titres (dont une chanson d’éternité – « Under The Sun » – à chérir jusqu’au jour où la pop cessera de nous émouvoir, vous et moi), DIIV se place brusquement, avec naturel, au sommet des groupes parmi les plus passionnants (et sincères) de l’époque.

Il y a chez ce jeune homme un refrain d’espoir, une flamme sacrée qui transparaît ici dans chaque composition. Les paroles (noyées sous une légère réverbération tel un souhait pudique) laissent entrevoir gouffres et cicatrices, des récurrences thérapeutiques, une confession nimbée de craintes. Le talent consiste pourtant à ne jamais étaler la noirceur afin de lui préférer l’horizon des possibles – fuck les tristes soirées avec soi-même pour unique compagnon ! Cole refuse l’album dépressif de la même façon qu’il dézingue tout apport shoegaze, folk ou post-punk. Is The Is Are jongle certes avec les strates de guitares, sauf que la ligne se veut claire, intemporelle, loin des actuelles mouvances indie-rock. Bien sûr, en écoutant le nouveau DIIV, facile d’admettre que, au hasard, Sonic Youth, Neu ! et Jason Pierce (fatalement un peu Beach Fossils, aussi) tiennent une place importante dans le parcours musical de Zachary. Références insignifiantes… Écoutons une chanson telle que « Blue Boredom (Sky’s Song) » pour s’en convaincre : au chant, Sky Ferreira (compagne de Cole à la ville) s’installe confortablement dans le sillage vocal de Kim Gordon, mais la musique, elle, évoquerait plutôt un mantra krautrock alternatif (autrement-dit : du personnel, du senti, un parfait feeling). Sur d’autres plages, l’auditeur fasciné croit entendre un inaccessible rêve de mélomanes : Maurice Deebank (Felt) pose sa guitare cristalline sur des architectures noisy. Le bonheur !

Pas un hasard si Captured Tracks (le plus grand label de nos vies adultes) édite un album qui nous parle, nous ressemble sur de nombreux points, jusqu’à nous aider à mieux appréhender le quotidien ; comme hier Wild Nothing, The Soft Moon, Girls Names ou Blouse (impossible de nommer tout le catalogue car… le médiocre n’existe pas chez Capture Tracks – désolé, c’est ainsi).

DIIV, en ce début d’année, permet d’entrevoir 2016 avec confiance et sérénité. Oui : la couronne intime posée sur le front de Zachary Cole Smith est totalement épanouissante pour l’auditeur. Pas certain qu’au cours des douze prochains mois un tel miracle se reproduise (attendons néanmoins les nouveaux… Wild Nothing et Charlie « Blouse » Hilton)…




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