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Imaginez DJ Shadow ou Richard D. James en train d’écrire des comptines enfantines à base de samples de jeux vidéos – mais avec un état d’esprit hip-hop / funky. Le nouvel album de Robert Le Magnifique est certes un peu plus complexe que cet énoncé, mais Fuck The Hell Yeah ! détient en lui une forme de pureté éloignée des contingences adultes. Musique naïve qui ne connaîtrait pas encore les remparts cyniques exigés par le labeur quotidien, ce disque est un émerveillement aux vertus parfois bouleversantes : chef-d’œuvre du lot, « Here We Are My Friend » est une douceur atmosphérique pas très loin du nostalgique – s’y dévoile, en sourdine, les derniers souffles de l’innocence et l’inacceptable lucidité face à un monde cruel, impartial, loin de la curiosité des vertes années.

Secondé par Thomas Poli (Laetitia Shériff, Dominique A), Robert Le Magnifique, d’une façon que l’on se hasardera à qualifier d’autobiographique, semble ici revisiter (tel un hommage) ses premiers émois discographiques, à cet âge ou toute découverte musicale est susceptible de façonner un destin : outre le hip-hop et le funk, les génériques des films de John Carpenter (« Play Time (Casemate XXVI) » rappelle le thème de New York 1997) ou le rock bayou s’incrustent dans des compositions aussi dansantes qu’introspectives. Aujourd’hui mature, Franck Robert n’a pas oublié le môme éternel qu’il était et restera. Poignant.




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