> Critiques > Labelisés



À chaque nouvel album de Primal Scream, le fan inconditionnel se demande comment Bobby et son gang se renouvelleront-ils ensuite. Et cela fait… trente années que perdure l’interrogation. Depuis l’indie-pop C86 (Sonic Flower Groove), les grandes gueules de Glasgow revisitent, à leur façon futuriste, des pans entiers de la musique contemporaine – jusqu’à devancer les prochaines modes. Rien de tel qu’un nouveau Primal Scream pour prédire la mouvance à venir. Impossible de s’y tromper ! Après l’acid-house, le dub, la techno hardcore, la sunshine pop ou le psychédélisme, que restait-il donc à remettre au goût du jour ? On ne s’y attendait pas, Chaosmosis l’annonce : l’électro-pop 90’s tendance New Order / Pet Shop Boys.

Et voici Bobby aujourd’hui lancé dans la fausse insouciance, les refrains énoooormes, l’épure disco et le spleen sous-jacent. La panoplie complète est ici demandée : le titre enjoué en ouverture, les chœurs féminins, la ballade folk en milieu d’album, les guitares parcimonieuses, les rythmiques somnolentes. Manque peut-être la basse hookyenne mais qu’importe…

Chaosmosis, tout en s’autorisant parfois un rencard teuton, nargue cette électronique qui cocufie la danse en faisant pleurer les âmes romantiques. Mais chez Primal Scream, ce n’est pas de l’hommage. Plutôt une réappropriation à prendre au sérieux, une relecture sans ironie. Moins « un disque à la façon de » qu’un ouvrage trouvant matière personnelle dans un courant préexistant. Primal Scream, toujours pas Dandy Warhols : dans cet univers mélomane, le clin d’œil n’existe guère, le pastiche est une hérésie. Tant mieux. Car même si Chaosmosis gravite autour de NO et Tennant / Lowe sans pour autant revendiquer le saut dans l’inconnu (comme hier Beautiful Future avec la pop estivale), ce onzième album, au-delà de son groove alangui, démontre (again) que Primal Scream, en s’apparentant à quiconque, ne ressemble aussi à personne. Oui : trente ans plus tard, les revendications Primal Scream restent actuelles – le groupe, en chipant dans le passé, conjugue le futur à sa guise.




 autres albums


 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.