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Dans la série hétéroclite des sorties de Specific Recordings en voici une qui va me permettre de faire un point : j’avais dans une précédente chronique évoqué l’idée de ligne éditoriale pour ce label. Ça se confirme précisément pour plusieurs raisons. D’abord grâce à eux je découvre de plus en plus d’aspects différents de la J-pop. Ce qui m’apparaissait comme homogène se distingue maintenant clairement (comme quand j’ai découvert le death metal quoi).

Cette fois-ci je me dis que l’influence musicale s’est inversée. Les précédentes sorties montraient à quel point la scène nippone résonnait en moi (trentenaire ayant grandi dans une ère japonisée : dessins animés, films, jeux vidéos…). Avec Jugem’ Je t’aime j’ai l’impression que pour une fois c’est l’inverse qui se produit. Sans chauvinisme il y a un goût french touch, et ça fait plaisir de se dire que notre pays si maltraité musicalement à laissé une trace quelque part, quelle qu’elle soit, jusqu’à ce territoire lointain que je fantasme depuis si longtemps.

Au passage ça me permet de parler un peu de cette scène que j’ai adorée. Un amour caché dont je n’ai que peu parlé : après une période de black metal intense, peut être le besoin de lumière, de festivités...quoiqu’il en soit je suis tombé dans la « french touch ». Mes nouveaux codes étaient Laurent Garnier (the cloud making machines, unraisonnable behaviour…), Alex Gopher, Jeff Mills etc. Ma discothèque s’est remplie de ces références que je retrouve disséminées dans ce disque.

Disséminées car forcément repassé dans le prisme particulier de mélodies en boucle évoquant les envolées d’un Joe Hisaishi (« Sen No Rikyu » par exemple). Le piano de Momotaro fait sentir quant à lui à quel point Nobuo Uematsu s’est immiscé dans l’adn nippon jusque dans ses branchages les plus lointains. Et si le dernier titre « Nero » prend le disque à revers en guitare sèche/voix, ce n’est pas pour mieux brouiller les pistes mais bien pour montrer leur richesse.

Le débit vocal (digne de Charisma.Com) apporte un dynamisme neuf, avec une atmosphère globalement enthousiaste. Voici donc le disque idéal pour revigorer un dancefloor, lui insuffler une nouvelle énergie, une intelligence et une finesse de composition rappelant que si le mouvement est l’objectif, il nécessite de la grâce.

Le disque est présenté dans une superbe édition vinyle jaune, avec le cd en plus (toujours bien de penser à ceux qui écoutent beaucoup en bagnole).




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