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Mes aptitudes à maitriser les langues étrangères et au moins aussi chaotiques que celle de maitriser ma langue maternelle. Alors quand dans un instrumental qui ne se dit pas, je pense entendre le mot grimace sur un disque venant de chez Iniesta, je songe à cette belle utopie de l’esperanto comme passerelle indispensable à un rapprochement entre les peuples (oh bordel je tombe dans une conclusion qui ne ferait pas tache dans un programme commun des euros sceptiques.)

Dés le titre du disque les jeunes femmes nous plongent dans une abime d’incertitude (ah ce sens de la mesure qui devait vous manquer depuis trois semaines que je suis incapable de pondre le moindre article). Adieu or Die ou comment faire cohabiter non loin d’un moulin à vent un gentleman de la perfide Albion et un french lover à l’accent titi parisien (voilà j’ai ma dose de clichés).

Ce disque est une suite de fabulette electro pop. Le groupe qui a certainement pas mal écouté les Throwing Muses et l’ensemble du catalogue de 4AD, écrivent des chansons comme on confectionne des vêtements sans ce soucier de la mode, mais en regardant dans le rétroviseur. Cette suite de chansons est un ravissement pour peu que nous soyons dans les dispositions nécessaires pour supporter des voix dans le brouillard (personnellement j’adore) et de se faire chahuter par des rythmiques qui elles sont les pièces maitresses, faisant quasiment ce qu’elles veulent avec ce qu’elles veulent aussi.

La rencontre est donc aussi plaisante auditivement qu’elle l’est graphiquement, avec cette pochette, entre dessin d’enfant et résultat d’un après-midi sous le défunt paint et ses rétrécissements techniques empêchant de grandir graphiquement, mais qui permettait de se forger une solide patience.

Les chansons partent souvent de rien, donnant une forme de liberté et de fraicheur plutôt rare dans le milieu convenu de la musique indépendante. Les recherches vocales s’amusent de ce terrain de jeu sautillant, évitant l’ensemble des pièges qu’elles se font imposer, gagnant titre après titre le droit de jouer une partie supplémentaire (lecteur, le clin d’œil avec les jeux vidéos est volontaire, les sons arrivant probablement d’une machine d’entant à la retraite).

Charmant au point où nous oublions de vérifier si derrière tout cela il y a des chansons, ce disque est une caresse espiègle, le disque que Bjork aurait pu écrire avec Tanya Donelly avant que l’Islandaise entre dans un univers dans lequel il était question que la forme dépasse le fond. Tout chez Aries est prétexte à faire décoller un morceau, un rire, des claquements de mains, des pas dans l’eau….on jurerait entendre des fées, des lutins magiciens, des animaux fantastiques à la tête d’une fanfare composée d’instruments de musique pour enfant.

Adieu or Die est contrairement à ce que pouvait le laisser entendre le titre, un disque plein de vie, une vie qui déborde de partout et que nous pouvons capter, sans aucune grimace, plutôt avec un sourire à la jolie fossette et aux yeux brillants et espiègles ….Comme ce disque, une forme d’electro punk aux pays des douces merveilles.




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