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Désincarnation : Éloigner quelqu’un de la réalité vivante, détaché du corps, de la chair.

Winter Family : duo déjà connu de nos lecteurs après une participation au volume 24 de nos compilations en 2011.

Fabricant de son, le duo est aussi passeur d’image, chercheur en texture, constructeur de passerelle entre des mondes différents, nez taquin des odeurs d’un monde en déconstruction et l’antithèse de la grande majorité des productions actuelles et plus généralement du monde ou la virtualité gagne de plus en plus de terrain.

Dans une époque qui donne encore plus de poids à Debord et sa société du spectacle (et si Guy était le Nostradamus des temps modernes ?) Winter Family dégomme les filtres de lecture actuels, s’emparant du monde qui l’entoure, non pas pour essayer de le décoder, juste pour nous le présenter sans le sublimer. S’imprégnant des lieux dans lesquels ils vivront, Ruth Rosenthal et Xavier Klaine changeront juste la couleur de leur musique appelée « Death Wing » ou « Funeral Pop ». De Brooklyn à Paris en passant par Kóbe, La Chaux de Fonds et Tel-Aviv (en face du Banana Beach !!) le duo prendra le pouls, subira les fêtes bruyantes, abusera des alcools locaux, et toujours happera l’air du temps. Il en ressortira un disque à nulle autre pareil, un grand disque de pop expérimentale ("Gaza" est un tube terrifiant, un monstre inquiétant et jubilatoire à la fois) retranscrivant parfaitement le bruit d’un monde qui semble s’écrouler et s’autodétruire la conscience du chaos comme unique signe de lucidité. Avec ses machines le duo sature tout sans jamais attendre le point de non-retour, parvenant à réaliser des chansons addictives et écoutables par le plus grand monde, comme un signe encore d’espoir, celui de pouvoir partager sans tomber dans la facilité. Ca et là du français, des mots qui résonnent alors qu’ici aussi les fractures sont nombreuses et semblent se creuser, du yiddish pour dire sans crier l’absolue nécessité qu’a Israël de se redéfinir sans la haine et la violence, et une forme d’esperanto sonore dans lequel les habitants de cette foutue planète pourra trouver la force de dire comme eux, que « Life is Beautiful »

Incarnation : l’oeuvre de Winter Family, et « South From Here » comme démonstration belle et implacable.




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