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Depuis que je fais mon intéressant sur le net via ce webzine cryptogauchiste, il m’a été demandé pas mal de choses, toutes avouables, dont une qui m’a toujours interloqué, ayant une pratique musicale qui ne pourrait pas remplir un quart d’heure un soir de la fête de la musique. Il m’a été parfois demandé de donner mon avis sur des démos avant de prendre la direction du studio, ou bien un avis sur un mixage, enfin de prendre à mon sens une responsabilité qui dépassait le cadre défini à la création du site. J’ai parfois refusé, et j’ai souvent accepté me débarrassant de la sensation de responsabilité via une béquille liquide. Par contre je ne suis jamais allé collé mes commentaires pour constater si oui ou non ceux-ci furent les germes d’un changement quelconque.

C’est le cas avec Goodbye Paranoia et n’ayant plus mes retours à portée de main je ne pouvais que prendre l’écoute du disque comme une aventure nouvelle, une rencontre sans réelles présentations, même si un des musiciens du groupe est à la fois un intermittent de la chronique sur ADA, l’auteur de la comédie musicale française du 21e siècle, de certaines des chansons les plus poignantes des années ADA, l’inventeur d’un univers dont seul lui est le seul à avoir la carte, mais que nous suivons les yeux fermés.

Dans TACT l’univers de François Doreau alias Witold Bolik est une des parcelles jouissives dans lesquelles le groupe propose de nous promener, avec comme clé pour passer la petite porte censée délimiter le terrain de jeu, une absence d’à priori et surtout de dire au revoir à plus que la paranoïa, le présupposé, le préemballé, le B à bas de l’écoute musicale quand on souhaite gagner du temps plutôt que de l’émotion.

Ce qui saute aux oreilles c’est la qualité de la production du disque et des arrangements. Autoproduit et financé via une campagne Microcultures, ce disque a tout d’un grand (d’ailleurs qu’est qu’un disque de grand quand on préfère avant tout écouter un grand disque). Et la ficelle n’est pas là pour emballer des chansons médiocres. Pas de pelouse synthétique sur la parcelle ; Non un gazon riche et bien fourni sur lequel nous n’aurons aucun scrupule à nous rouler dessus, sauf la crainte d’écraser des coccinelles (paranoïaque moi ?)

Un habillage impeccable, avec sa dose d’inventivité, celle des hommages des connexions avec une culture fourmillante (ne pas écraser les fourmis sur la pelouse non plus), mais pas servile. Car nos trois compères, et ce sera la seconde étoile à ce ciel sans nuage, émerveille (le mot est fort, mais c’est le cas) savent avoir de la mémoire, mais en piochant dedans ils savent en ressortir une forme de moelle parfaite autour de laquelle ils construiront un squelette. Une vraie science de la transplantation donc, sans basculer pour autant dans une forme d’eugénisme qui conduit à essayer de faire la chanson parfaite coulée dans un bronze pour une exposition dans un musée.

Et c’est là, pour finir, que le ciel s’illumine d’une nuée d’étoiles (les envahisseurs ?????…….paranoïaque). Des étoiles pour ces chansons qui illuminent le disque. Pas des tubes, non mieux que cela. Des chansons qui durent, qui gagnent même en brillance au fil des écoutes. Des chansons dont certaines sont à elles seules des petites orfèvreries d’art que nous pourrions par précaution mettre dans un coffre de peur de nous les faire voler (paranoïaque un jour paranoïaque toujours)

Disque poignant à certains endroits, hirsutes et habillement décontracté à d’autres, Goodbye Paranoia est par son titre d’utilité publique, et pour sa musique d’obligation hédoniste.




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