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Quand on me prend autant par les sentiments, je ne peux que fondre. Une chanson, qui donne d’ailleurs son nom au EP, autour de l’équipe du Brésil de 1970 !! oui le dernier vainqueur romantique avant le suicide du romantisme dans le football un soir de 1982 à Séville. En 1970 (année de naissance du pire chroniqueur du web, quelqu’un que je connais très très bien) le Brésil remporte pour la troisième fois la coupe Jules Rimet, l’occasion de la conserver, avant de se la faire voler, celle ci finissant sa vie au fond d’un four pour la faire fondre. Nous étions au Mexique, et pour sa dernière coupe du monde Pelé se voit entourer d’une équipe magique. Les gestes d’anthologies seront légions (le grand pont feinte de corps sur le gardien de L’Uruguay, pour un tir au final à côté / le tir de 50 mètres à deux doigts de lober le gardien de la Tchécoslovaquie) dont une fera dire à Pelé « J’ai marqué, mais Banks a arrêté un but ».Les belles histoires ne manqueront pas, le Pérou, la demi-finale Allemagne Italie. La prouesse de Rebels of Tijuana est de nous parler de cette coupe du monde, et ses retombés sur les corps des Brésiliens et des Brésiliennes comme personne, réussissant probablement une des meilleures chansons sur le foot dans un pays souvent sinistré par un snobisme totalement ridicule qui empêchera longtemps la scène indé d’ici à mouiller le maillot.

Influencé par l’amsud (Tijuana pour information n’est pas une province reculée de la Norvége et son football rugueux, loin des caresses du Brésil de 70) le groupe enchaine avec la pampa, chanson imparable d’un Jacques Dutronc qui aurait abandonné la Corse le temps de tourner une pub pour tropico sous le chaud soleil d’un Buenos Aires en été. Un Dutronc qui aurait pu à l’occasion partager un calumet de la joie (la paix étant implicite chez eux) le temps de "La Chimére", instrumental au psychédélisme doux. Une caresse aux accents anglais, comme si le groupe prenait le thé en devisant sur le déhanché d’un Garrincha ou un Tostao. Le groupe jouera les prolongations avec un nouvel instrumental, "Leipzig" (mauvais souvenir pour les bordelais) qui en s’éloignant des chaleurs de la pampa, provoque une douche de sueur tombant du plafond d’une salle de concert qui pourrait se trouver dans une rue de Camden. Sans tomber dans le guitare héroïsme, le groupe donne toute sa place à la six cordes, lui donnant les pleins pouvoirs, sauf celui d’être trop bavarde.

Du Mexique au Brésil en passant par l’Argentine et l’Angleterre, les Rebels of Tijuana s’invente de nouveaux terrains de jeu pour y déployer des chansons libres, incarnées, érudites et dégageant une mélancolie joyeuse, tout comme quand je regarde un match du Brésil de 1970 (et celui de 1982 aussi) loin des comptables sans poésie.




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