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Les Caennais de Beach Youth pratiquent une musique aussi désuète que touchante. Désuète car cette rêverie en terres californiennes, nous la connaissons déjà. Voire même : avec le temps, la surf-pop, dans son schéma reproductible à l’infini, ne semble avoir d’autres fonctions que de titiller la nostalgie de l’auditeur. Or, en vieillissant, la nostalgie devient ennemie : pas question d’écouter des disques en faisant fi du savoir historique, pas question de se forcer à aimer des choses certes bien foutues mais qui renvoient à tout un pan de notre discothèque. Voilà d’ailleurs pourquoi le dernier The Drums (pour rester dans la surf-pop et citer un groupe contemporain que nous aimons) semblait labourer un territoire obsolète : la formule fonctionne sur deux albums, au bout de trois (quatre) le geste devient mécanique, empoté…

Musique aussi désuète que touchante, Beach Youth. Désuète, certes, mais finalement difficile à condamner. Car le perfectionnisme et l’énorme travail en studios (pas moins de trois !) ne s’entendent jamais. Ces compositions coulent de source, elles semblent provenir d’une évidence. En écoutant bien, il est possible d’imaginer les nombreuses heures à se questionner sur l’accord logique, sauf que le rendu conserve une spontanéité propre aux doux songeurs.

Pas question de ressortir l’argument passe-partout « sous ses airs enjoués, musique mélancolique ». Non : les quatre titres de cet EP respirent la vie, le bonheur simple de composer des chansons accrocheuses, l’insouciance et le Conservatoire. Cela s’entend sans anicroche, et pour l’heure c’est déjà beaucoup…




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