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Emboe contraction de Emmanuel Boeuf. Emboe explosion des sens et des sons. "Alea Deluxe" absorption en un disque des désirs d’Emmanuel.

23 invitations au voyage, au questionnement, à l’irritation quand le son chatouille des oreilles hors confort. 23 pièces comme autant de fragments d’un puzzle qu’Emmanuel semble monter sous nos oreilles.

Chez lui les machines n’ont pas le pouvoir de domination, mais le pouvoir comme autorisation d’exécuter des tâches qu’il demande. Il en résulte une forme de visite dans un laboratoire bordélique, tenu par un musicien hirsute et bienveillant. Capable d’envolées étonnantes de grands écarts dans ses choix musicaux (il sait passer sans le moindre problème de Sonic Youth à Rihanna), Emmanuel réalise surtout la prouesse de rendre sexy et attirante une musique que certains ont trop rapidement le mauvais génie d’intellectualiser, mettant des dogmes là où Emmanuel met un truc simple, mais qui fonctionne vachement bien ; le plaisir.

Échappant à l’écoute intégrale éprouvante (quand le son titille vos tympans, la durée est un facteur de non-adhésion), "Aléa Deluxe" est comme une énorme salle de jeu comme celle que vous pouvez trouver dans un restaurant rapide. Emmanuel s’y amuse et nous souvent avec lui. Lui titillant les boutons, nous développement une forme de tropisme avec le rythme. En insérant du field ou du house recording ("Time to get Erased" semble jouer au ping pong avec le Ciconne Youth) il ajoute une touche humaine, une chaleur qui est déjà bien présente. Car Aléa est un disque chaud dans lequel nous nous blottirons même si parfois il brule, il pique, il grince.

"Aléa Deluxe", une invitation musicale comme une lettre d’amour aux sons. à des collages immédiats. Jouissif.