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  • 15 novembre 2017 /
    Rockomotives 2017
    “Report live #2 - Vendredi 27 Octobre”

    rédigé par FLK & PAR
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Deuxième jour pour nous (mais 7e depuis le début), vaillants et presque reposés, nous nous dirigeons vers le centre ville pour prendre le pouls du festival…

Pour nous préparer à affronter le marathon musical à venir, nous commençons par déguster un délicieux repas grec à la Cappadoce près des halles, restaurant qui nous a été chaudement recommandé, et qui arbore l’affiche du festival sur sa porte. Nous redescendons en douceur après de mémorables baklawas à la pistache et aux noisettes et nous rendons au Central bar vers 13h. D’ailleurs, c’est dans ce lieu que se déroule l’émission radio « spécial Rockomotives » en direct de 17 à 19h, commune aux radios Campus Orléans, Béton (Tours) et Studio Zef (Blois), pendant toute la durée du festival et l’on y voit chaque jour défiler les artistes qui viennent en interview se mêler aux clients habituels. C’est un endroit chaleureux, très agréable, situé stratégiquement au centre des différents lieux de diffusions de la ville, et où l’on prend vite nos habitudes. Pour ce début d’après-midi, nous nous perchons sur un siège avec vue plongeante sur le duo Doppeltgänger. Les 2 espagnols se font face, sur la terrasse, avec ordis et claviers, entourés par le public venu nombreux. Leur musique électro aux sonorités cold-wave nous happe dès les 1ères notes, rythmiques et nappes nous enveloppent sans coup férir et nous mettent d’équerre pour débuter l’après-midi.

Les concerts suivants se passent dans les bâtiments de la Cour du Cloître, où l’on retrouve Matthieu Malon en solo, avec guitares et bandes, devant un public attentif. Sa musique flirte souvent avec la cold-wave des années 80 et des sonorités chargées en synthés et flanger. Les paroles en français nous parlent d’amour, de « désamour » surtout, puisque c’est le thème central et le titre de son nouvel album sorti quelques jours auparavant chez Monopsone. On reconnaît « La syncope », « Désamour », « La dune » du précédent EP, morceaux écoutés en boucle et qu’on prend plaisir à enfin découvrir en live. Il utilise une basse VI (comme Cure à l’époque des albums mythiques…) pour les 2 derniers morceaux, « la chambre d’hôtel » sortie sur un EP début 2017 et « la fugue » qui en est la suite et dont l’histoire parle d’une fuite, hors de la vie de tous les jours, pour retrouver du sens, un but, ou tout du moins l’envie d’un changement, comme on a tous pu le ressentir un jour ou l’autre. Histoire vécue, histoire rêvée ?

Puis vient Michael O’Connell qui joue d’une vieille guitare demi-caisse pour son projet « Culture Reject  ». Le canadien propose une folk sans fioritures ni arrangements à outrance, mais ses chansons vont directement au propos et créent une connivence avec le public, comme si l’on écoutait un ami en devenir, que l’on ne connaissait pas quelques minutes plus tôt. Belle découverte.

Nous ne pourrons pas assister au concert de Jeanne Added en solo aux Greniers de l’abbaye, pour cause d’interview, mais nous passons devant une file très longue de personnes qui attendent et qui ne pourront pas tous accéder au Saint Graal. Heureusement What Comes Around goes Around est là pour filmer l’évènement ! À suivre sur leur site donc…

Après un arrêt au Central Bar pour réaliser l’interview des Peter Kernel et nous désaltérer, nous arrivons à la Chapelle Saint-Jacques où l’on nous distribue des lunettes 3D pour le concert high-tech des canadiens de Dear Criminals. Nous avons déjà eu la chance de les découvrir en live sur Dijon en début d’année et sommes impatients d’écouter les nouveaux morceaux et aussi curieux de ces projections 3D, grande nouveauté de cette tournée. Le concert débute avec leur pop folk électro pas forcément joyeuse puisque leur nouvel album « Fatale » parle de la fin du monde comme ils le soulignent et en plaisantent eux-mêmes, mais elle est immersive et en directe connexion avec le public. Nous chaussons les lunettes dès le début du concert puisque l’on aperçoit des projections derrière eux, on ne dit rien mais bon la 3D ne nous paraît pas franchement renversante… hum, jusqu’à ce que le groupe fasse gentiment remarquer au public qu’on est bien « cute » mais que la 3D n’a pas encore commencé. Rire général. Nous en profitons pour nous concentrer sur la chanteuse très expressive dont la voix peut se faire caressante ou hantée avec une gestuelle spontanée et inspirée. Après quelques morceaux, la magie de la technologie opère et la neige tombe autour de nous et des musiciens. Nous sommes comme happés par l’univers 3D qui crée une bulle autour du public et du groupe, nous rapprochant les uns les autres. Les histoires racontées ne sont plus seulement sonores mais aussi visuelles, avec des formes géométriques, des silhouettes esquissées. Les voix masculines et féminines se mêlent, barrées et retenues en même temps, ce qui crée cette étrangeté caractéristique du groupe. Ils terminent par un petit rappel en acoustique dans le public, une coutume du trio semble-t-il.

Puis Laura Cahen entre en scène dans une ambiance théâtralisée aux couleurs d’un far-west revisité et sombre. Tous les musiciens portent un costume et jouent un rôle dans cette pièce portée par la chanteuse guitariste en robe longue et noire, et maquillée d’une bande de couleur noire au niveau des yeux. Entre les morceaux, elle nous raconte des bribes d’une histoire inventée, fil conducteur du spectacle. Au milieu de ses compositions, elle reprend avec bonheur une chanson d’Anne Sylvestre « la fille du vent ». Sa voix magnifique, lyrique, d’une grande justesse captive l’auditoire, et conte en français des souvenirs d’un monde et d’une vie rêvée, à travers des paysages lointains, des forêts, de grands espaces, le tout porté par une musique d’une belle intensité.

On trépignait d’impatience, les voilà enfin : les 2 Peter Kernel entourés de leur « wicked orchestra » pour leur nouvelle tournée. Ils sont six sur scènes : Barbara et Aris privilégiant les rythmiques et les voix, un violoncelliste, une harpiste, un violoniste et une joueuse d’harmonium indien, plusieurs musicien·ne·s se partageant aussi un piano. Nous reconnaissons les tubes du groupe revisités, dont notre morceau préféré « Never gonna be the same » et aussi quelques nouveaux titres à paraître sur leur prochain album prévu en mars 2018. Autant dire que dans cette chapelle, les arrangements de l’orchestre fantastique prennent une ampleur sans pareille… et c’est un moment magique auquel nous nous sentons privilégiés d’assister, de partager toutes ces belles ondes de bonheur et de sensualité à fleur de peau.

Un rappel non prévu plus tard, il faut nous rendre à l’évidence : l’heure est déjà avancée, mais la soirée est loin d’être terminée. Direction le Troisième Volume, avec les Danois de Mimas qui ont revêtus pour l’occasion leur plus belle tenue de scène, des polaires jaunes ou roses avec un cœur qui saigne cousue main, comme un blason. Ils sont cinq sur scène, et envoient une musique rock à la fois énergique et positive, avec des chants / chœurs très présents, de la trompette, et ce je ne sais quoi d’un peu foufou qui ne laisse pas indifférent. Côté anecdote, ils dédient une chanson d’amour à Richard Gauvin [programmateur du festival, ndlr], la seule jouée au piano. Une autre chanson parle d’aimer plus les films de Spielberg que sa petite amie (une référence à la série Dawson ?), la suivante parle de Google en lui adressant un « don’t be evil » bienvenu.

La déco est mise en place pour le groupe suivant, Angle Mort et Clignotant et nous interpelle avec ses triangles et ses plots de signalisation. Et ce n’est que le début ! Les 2 rappeurs Orléanais arrivent tous feux devant avec des costumes de scène top la classe, une combinaison de garagiste orange pour l’un et bombers / lunettes noires / bonnet pour l’autre. Ça sent son ghetto revisité à l’huile de vidange et leur « je chie sur la gueule des musiques actuelles » finit de nous conquérir. Ils ne se prennent pas au sérieux, se donnent à fond dans le déhanchement et la danse improvisée et le public en redemande. Nous aurons droit à « la danse des centimes » avec un jeté franc et massif de pièces jaunes sur scène, « Z.I. » et ses refrains avec les noms des enseignes les plus prestigieuses qui défigurent les entrées de nos villes, un « google ta gueule » libérateur et bien sûr le tubesque « des frites putain et de la sauce bordel ». C’est le délire sur scène et dans le public, le « what the fuck » way of life fait du bien. Second degré obligatoire, sinon on passe à côté !

Celle qui se fait appeler Rebeka Warrior n’est pas une inconnue : elle sévit déjà dans Sexy Sushi et Mansfield.TYA. Julia Lanoë va balancer un mix techno (on n’ira pas plus loin dans le style de musique, il faut avouer qu’on n’y connaît pas grand-chose…) parfait pour entraîner la foule à bouger, aidée en cela par 2 sbires dont un molosse masqué en kilt et torse-nu qui fait monter des gens sur scène, l’autre se servant d’un projecteur pour éclairer la salle, le public, Rebeka, puis dansant dans un joyeux bordel.

Après analyses techniques et réflexions comparatives intenses sur la qualité de cette journée, loin de nous l’idée d’abuser de métaphores pompeuses ou figures de style linguistiques ampoulées, on peut finalement vous l’avouer, et ce en toute franchise, sans détour ni tergiversation : c’était super bien ! (bisous)

Photos par Jérôme Sevrette sauf Doppeltgänger par PAR, Culture Reject & Peter Kernel par FLK.




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