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Si l’intriguant patronyme de Hicks & Figuri, troisième sortie d’album de l’année pour le label Herzfeld après les très réussis albums de Lauter et de Thomas Joseph, peut sembler sortir de nulle part, l’homme dans l’ombre du projet à savoir Pierre Walter est en fait tout sauf un inconnu.

A travers les projets Marxer, et peut-être encore plus avec Loyola, ce dernier ne nous a jamais vraiment quitté : It will Shine, même si il date de 2006, ne s’est jamais recouvert de poussière sur nos étagères et fait partie de ses quelques disques avec lesquels une proximité s’est tissé avec le temps, fort de la capacité de ces derniers à étreindre nos émotions les plus personnelles avec une évidence confondante.

Musicalement, la grande force des treize compositions qui composent Navaja, derrière une apparente simplicité et une homogénéité de l’ensemble qu’une écoute distraite pourrait laisser transparaitre, est de receler des trésors de variations dans les compositions et les arrangements autour d’un quatre pistes, de guitares, des synthétiseurs et d’une boîte-à-rythme. Un peu à la manière dont le génie de l’art japonais a de simplifier les formes pour mieux fixer des impressions fugitives.

L’analogie avec l’esprit japonais passe également par la voix et les textes dont la grande douceur, voire même une forme de pudeur, de retenue bienveillante ne masquant pas une sensibilité à vif bouleversante notamment sur Drugs, Maybelyn, One Burger at a Time, Lewed and Strange (présent sur le volume 48 de nos compilations) ou encore sur Hikkikomori.

Ce dernier fait écho au sublime Kushiro de Dear Japan projet de Rey Villalobos paru en début d’année avec lequel il tend un fil lexical évident vers le pays du soleil levant d’une part, mais surtout un lien fort vers un accès direct à nos doutes et vacillements les plus intimes.

Pourtant, à aucun moment, l’écoute du disque ne pèse, notamment grâce aux rythmiques électroniques qui transcendent les compositions comme sur Once a Map ou le lumineux et entêtant Commando élevant ainsi Navaja au rang de grand disque de l’année, et probablement comme un nouveau mètre-étalon intemporel du genre vers lequel il est fort à parier que nous ne manqueront pas de revenir longtemps (et souvent) nous y ressourcer. A Découvrir Absolument.

photo : Sarah Dinckel




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