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J’ai acheté cet album au mois de mai dernier, parmi d’autres, sur la foi d’un ou deux titres appréciés. Puis je l’ai laissé de côté, sans jamais totalement l’oublier, connaissant sa valeur, et sachant que " XO ", comme un vieil ami que l’on appelle un soir, comme ça, vers minuit, après 6 mois sans nouvelles, serait là quand l’ami volage que je suis reviendrait vers lui, un peu honteux, mais suffisamment enthousiaste pour que cela ne se voie pas trop. On était donc le lundi 20 octobre quand je replaçais " XO " sur la platine. Et j’ai très sincèrement été frappé à nouveau par la candeur, la justesse, de cette œuvre. Attention, cette chronique ne doit pas être vue comme un hommage en toc à l’un des plus talentueux songwriters de sa génération, mais plutôt comme ma propre tentative, à ma seule échelle, de faire revivre ce joyau pop qu’est " XO ", lui redonner un nouvel éclat pour des lendemains prometteurs. Que ce soit clair, " XO " est un album parfait, comme peu savent en écrire et en interpréter aujourd’hui. C’est d’ailleurs dans cette pertinence à toute épreuve qu’il faut chercher la cause de la trop grande discrétion d’Elliott Smith dans les médias. La régularité, c’est bien connu, n’a jamais été un cliché du rock’n’roll. Maître joaillier de la ritournelle exquise, architecte vénérable de structures au classicisme sobrement alambiqué, Elliott Smith signe tout de même quelques morceaux à la perfection plus " voyante " que les autres : le somptuosissime " Waltz #2 ", l’entêtant " Bled White ", l’épique " Bottle up and explode ! ", l’étrange et touchant " Waltz #1 ", ou encore le poppy et réconfortant " Baby Britain ". se promenant avec une facilité impardonnable sur un très large panel, du folk le plus élémentaire à la valse acoustique, de la pop-song la plus tubesque à la complainte la plus déroutante, la grandeur de Smith était très généralement reconnue et saluée dans les milieux les plus éclectiques de la musique d’aujourd’hui (pour preuve sa récente collaboration sur les dernier album de Jon Spencer Blues Explosion). On ne cherchera pas à savoir ici ce qui s’est passé dans sa vie ou dans sa tête, mais il est manifeste que les paroles d’Elliott Smith, entre surréalisme onirique et autodépréciation dépouillée mais convaincue, prennent une teinte plus sombre aujourd’hui. Les titres, quand à eux, résument notre état d’esprit : " Bottle up and explode ! ", " A question mark ". Signalons pour finir l’indépassable et indépassé paradoxe que développent les 2 derniers titres : " Everybody cares, everybody understands ", et " I didn’t understand ", seule et unique chose dicible à ce jour. Car il était tard ce lundi-là. Peut-être étions déjà le mardi 21. XO




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