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Quand en 2014, Mickaël Mottet sur Lines le dernier EP du groupe, mettait un terme à plus d’une décennie de compagnonnage au sein du projet Angil and The Hiddentracks, il présentait cette fin avec émotion et sans regret, non pas comme un point final, mais plutôt un marqueur nécessaire affirmant la certitude de continuer à faire de la musique et peut-être en sous-texte de poursuivre une quête plus personnelle, intime, autonome que le texte de The Major Chords laissait transparaître : In the mail today, I got the blues. In my heart I decided to choose, the major chords.

Six ans, un mariage et un très réussi projet Lion In Bed (avec celle devenue entre temps Madame Schérazade Mottet) plus tard, Michaël Mottet revient cette fois sans couverture angélique ou féline avec ce premier album solo.

Dès I won’t be still qui ouvre le disque, Michaël Mottet confirme, voix haute et forte, cette idée d’émancipation, de liberté sans renier ce qui le caractérise intimement : (…) I’ve aged but I have not changed, I’m tamed but I’m Still enraged, I refuse to be still..

En effet, un des traits de caractère fort des compositions de Glover’s Mistake qui se révèle au fois au fil des écoutes, est ce refus frontal, massif, de se cantonner à un genre, une chapelle ou une culture. Cette démarche artistique forte, essentielle, réussit ici de plus le tour de force d’éviter l’écueil de l’effet puzzle ou de juxtaposition forcée que la démarche pourrait voir éclore.

A l’opposé de cela, Il y a quelque chose d’assez sidérant (et de très émouvant) à voir un artiste à ce point réussir à honorer ses idoles et souligner en creux leurs apports sans jamais les singer, sonner faux ou sembler obséquieux. Apparaissent ainsi par touche l’audace de Mimi Parker, la pulsation rythmique de Elvin Jones, le souffle de Iggy Pop sur le très réussi Swoop in from the coast, la tension d’un Mark E Smith, etc…

Les influences, du low-fi au hip-hop (The Butt), en passant par le rock et l’indé-pop (impeccable Playing with My Dream Band), sans oublier celle du R&B de Bible Study ou encore celles plus atmosphériques de (Composing Our Own Forlanas se croisent et s’entremêlent à merveille.

Si l’ensemble du disque sonne si durablement juste, il le doit pour beaucoup à l’exigence et au soin du détail sous-jacent à l’ensemble de Glover’s Mistake : Modulation de la durée des morceaux, recherche du son juste, de l’instrument ou de l’arrangement parfait qui va venir sublimer, prolonger une émotion traduit par le mot juste dans des textes au cordeau.

Ce soucis d’exigence s’incarnant également dans l’approche visuelle traduite notamment par Anne-Sophie Seguin dans le clip sidérant de beauté qui illustre la poignante et enivrante The Invisible.

Il va donc sans dire ( attention spoiler-alert) que nous sommes ravis de compter le titre éponyme de l’album sur le volume 53 de nos compilations concrétisant ainsi l’enthousiasme de la rédaction d’ADA sur ce disque (en accords) majeur(s) de cette fin d’année 2020 qui au passage confirme (si il en était encore besoin) le rôle majeur de catalyseur du label We Are Unique Records dans nos émotions musicales. A Découvrir Absolument.




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