| |
Huit années déjà
se sont écoulées depuis ce coup de poing infligé par Dry.
Huit années à traquer l'humidité pour rendre plus accueillante
des chansons rêches et revêches. Nous avons quitté PJ Harvey
il y a deux ans avec ce très poisseux is this desire. Un son
quasi atone, une PJ dans un terrain de jeu certainement trop
fade pour elle, celui de la recherche sonique. Après cette
relative déception, les directions à prendre étaient multiples
et variées. John Parish guide routier de PJ Harvey débarqué,
elle a du trouver sa route seule, et c'est là où il faut certainement
chercher la fraîcheur de nouveau LP. Retour de l'équipe de
Dry, retour à la hargne, sans mettre de côté un héritage plus
qu'estimable, carrément génial. Sur la pochette c'est Gipsy
Harvey, en plein New York, pochette répondant à celles du
single a perfect day elise. PJ y reprend de la couleur, y
esquisse un sourire et porte un sac doré, là où deux ans avant
elle se présentait en noir et blanc, la tristesse au coin
de l'œil, portant un sac en quenille. Si l'eau est absente
de la pochette (image récurante de la belle) elle reste là
via ce titre, ce relais en New York et son dorset lointain,
les jambes droites en haut des falaises scrutant une ligne
de fuite. Les premières notes de Big exit, et la violence
(là elle n'est plus rentrée) de dry est de retour, docteur
Jekyll et Mister Hyde entre le refrain et les couplets. Oublié
le son étouffé des derniers LP, PJ a décidé de de se faire
entendre. Si good fortune (tout comme you said something,
ou le très laid this is love)ne va pas arranger sa côte auprès
des poseurs d'étiquettes qui voient en elle la Patti Smith
des années 90 (on pense beaucoup au dancing in barefoot sur
good fortune) A place called home découvre une nouvelle corde
à l'arc de PJ, celle du chant. Outre le chant de plus en plus
maîtrisé, PJ incorpore (chose nouvelle chez elle) des chœurs
qui calme la relative tension du sublime one line, et rajoute
au recueillement du troublant beautiful feeling (jamais bien
loin de la Sinnead O'connor grande période). Les chœurs en
question, assurés par Tom Yorke ne sont que l'entrée, la mise
en bouche, avant le festin, le met auguste de ce lp. Chanson
écrite à la base pour tom Yorke, this mess we're in, enregistrée
en une journée, est le mariage parfait de deux voix qui plutôt
que de se répondre, fusionnent pour tenir les murs d'une bâtisse
chancelante en papier. La nouveauté réside aussi au retour
du trio magique de dry (PJ, Rob Ellis et Mick Harvey) que
se soit donc sur big exit mais également sur the whores hustle
and the hustlers whore, une sirène en pleine tempête, attaquée
de partout mais tenant la proue avec hargne et fierté, et
le Kamikaze rejeton de sheena-na-gig et de me-jane. Alors
que l'album aurait pu se finir par Horses in my dreams, une
Bjork calme, une chanson après laquelle Bjork pourra toujours
courir sans jamais pouvoir la rattraper, We float est là comme
un morceau caché, PJ quasi sereine, quasi joyeuse expurge
ses doutes dans une chanson d'un optimisme rare chez elle.
Mais comment en serait il autrement, un retour au (à la)source,
le besoin de voler, comme une mouette au dessus de la mer,
comme l'oiseau migrateur dans son perpétuel voyage vers la
chaleur.
Gerald
de oliveira
|
|