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Ecrire que nous avions aimé Goodnight Nobody le précédent Lp de la Canadienne Julie Doiron paru en 2004 tiendrait sûrement de l’euphémisme : ces soirées entières passées à l’écoute de " Last Night ", " Dance All Night " et " The Songwriter " autorisent sans doute à parler d’attachement presque inconditionnel à la musique de l’ex Eric’s Trip, son groupe d’origine, talentueux, reconnu aux marges mais cocu des nineties indie folk. L’étrange équilibre de ces chansons d’apparence étique dont la charpente livrait ses plans à force d’écoutes et la profondeur d’une voix aux vertues curatives, tout ça et tant d’autres choses, nous liaient à Julie Doiron. Les dix titres (plus un caché) de Woke Myself Up, produit par Rick White, guitariste d’Eric’s Trip ne distendent pas ce lien. Si Doiron y dit à nouveau le bonheur de la maternité et la douceur d’un quotidien observé avec l’acuité d’un songwriter doué, elle ouvre également à nouveau de vieilles plaies et leur applique une belle pincée de gros sel. Sur le titre homonyme, "You Look So Alive" ou "Swan Pound", la voix inquiète de Doiron désormais familière opère idéalement la transhumance vers ces terres plus arides. Le propos semble alors s’assombrir en même temps que la musique se tend et bande élégamment les muscles. Pas de concours de gonflette déplacé cependant mais plutôt l’envie d’en découdre avec les lignes brisées de son existence. Sur " Don’t Wannabe/Liked You " la guitare serre les dents et la rythmique lance des regards de défi, deux titres plus loin, la guitare -encore elle- brise ses attaches et rue en liberté (" The Wrong Guy "). Woke Myself Up signifierait alors que l’amie d’Herman Düne s’éveille à elle-même ? On donnerait cher pour être le premier à lui souhaiter une bonne journey.




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