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Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt, ou plutôt le clavier de mon ordinateur, réceptacle soumis de mes impressions grelottantes sur ce que la fratrie des musiciens peu produire. Chroniquer un disque français est toujours beaucoup plus difficile que celui d’un groupe d’outre manche, d’outre atlantique, d’outre tombe. Déjà le musicien qui habite au pied d’un volcan islandais à d’autres chats à fouetter que de lire la prose d’un scribouillard de ce petit pays qu’est la France. Ensuite quand c’est lu dans un bar de Barcelone, il n’est pas évident que l’essence même du texte soit comprise (déjà que parfois même moi j’ai du mal à me comprendre), mais le retour est toujours sympathique, heureux qu’un français fasse écho à leur production. Et puis soyons aussi honnête, dans une grand majorité de la production étrangère, les textes sont survolés, et c’est bien pour cela que nous nous faisons avoir plus facilement avec un groupe qui fait boum tchak quand il vient de Londres que de Paris.

Face à une production française, le ping pong est possible, les références vous sont retournées, les maladresses pointés du doigt, jusqu’au mépris possible si vous trouvez le style pas terrible, alors que vous même vous écrivez comme un footballeur aidant un cycliste à écrire ses mémoires.

Après cette longue introduction vous comprendrez aisément, que j’ai longtemps remis à demain (la procrastination est le mot de 2013) la chronique de « De La Jolie musique », car ce disque est référencé (et quelles belles références) est joli (j’aime ce mot que nous oublions trop souvent de prononcer, et pire d’écrire une fois l’enfance quittée) et surtout écrit avec talent, avec du style sans jamais en faire de trop.

C’est Erwann Corré qui est aux commandes de projet, chaud comme une brise sur une plage plombée par un soleil ami. Si on parle de tropicalisme dans la note pour la presse, je préfère de parler de pop musique dans ce qu’elle a de plus noble, de plus riche, de plus alléchante, de plus attractive. Je parlais de références elles sont évidentes parfois. Les titres « Mémoire Tropicale », « lila » « Elise Chiou »ou encore « The Last Unicorn » l’ombre du grand Serge Gainsbourg n’a jamais été aussi belle, aussi joliment dessinée. Plus proche de nous « Establishing Bling Bling » ou « Le Départ en Vacances » ne sont pas sans nous rappeler le meilleur des Little Rabbits, une discussion parlée chantée entre un homme et une femme sur une musique entrainante et joliment ourlée par des instruments à vents joueurs. « Losange » est un clin d’œil plus que simplement dans son nom au regretté Jacno, un titre tout aussi sautillant que mélancolique.

Mais la grande influence de Erwann c’est probablement le cinéma, celui de la Nouvelle Vague, celui de la jolie image, qui avait la chance d’être en plus décorée d’une jolie musique. « Plein Soleil » est le meilleur single de l’année, mais peut être aussi le meilleur premier film. Une mélodie magnifique, une orchestration sublime, une histoire d’amour, une histoire de contemplation, de transformation, de fusion. Ce morceau est d’une beauté inégalable, et si il avait eu la chance porter un film de la nouvelle vague, serait à ranger avec les « chabada bada » et d’autres perles comme celles de Michel Legrand pour Jacques Demy.

Alors le soleil va peut être se coucher plus tôt dans les jours à venir, mais De La Jolie Musique vous offre un rayon de soleil, certes intimidant, mais tellement proche de ce que l’on aime qu’il sera facile de l’adopter et de le chérir de mots. De la (Très) Jolie musique.




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