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Il est des chanteurs voyageurs comme il est des écrivains globe-trotters... Quid de Blaise Cendrars ? De Nicolas Bouvier ? Quid de ces mots écrits sur ces pages qui nous ont donné des envies d’ailleurs, de s’échapper à son quotidien morne ? Il en va de même avec des Georges Moustaki fureteurs, des Pierre Barouh baroudeurs, des Nougaro africains... Il en est ainsi de Franck Monnet, parti en d’autres terres, celles de la Nouvelle Zélande et qui nous donne à nouveau de ses nouvelles... Auteur de cinq albums, le monsieur était discret depuis 2006 et son "Malidor"...

"Parfois, s’éloigner davantage de Paris, c’est s’en rapprocher. Nous vivons de l’autre côté de la planète.Nous vivons sur une île du Pacifique sud. Lorsque l’automne s’annonce en France, les caprices du printemps démarrent en Nouvelle Zélande. Le décalage horaire est maximal. Du nord au sud de ce territoire isolé, étroit, gourmand en latitudes. On passe du presque polaire au tropical. Où que l’on soit, en l’espace d’une journée. On peut aussi avoir ses quatre saisons."

Ces mots-là, ce sont ceux de Franck Monnet... Ces mots là résument bien les tonalités diverses de cet album coloré.... Nous passons de saison en saison, de plage en plage.... De l’inaugural "Anorak" qui se joue des futilités et qui clame un optimisme heureux et rayonnant....

Attendez... Pardon... Excusez moi... Oui... Oui Gérald... Oui Gdo... Non non, Gdo, Franck Monnet n’est pas un ancien membre d’ABBA... Non non je t’assure....

Pardon... Excusez-moi pour cette interruption involontaire de ma seule volonté... C’est le patron qui passait... Ouais... C’est ça... Salut... Gdo... A bientôt....

Bon reprenons...

" C’est qu’on est sur un bateau, eu égard à l’ampleur du Pacifique. C’est qu’on est toujours un peu à la campagne, eu égard à la densité.On n’est pas loin de la Californie d’avant-guerre, celle que raconte Emmanuel Guibert dans "L’enfance d’Alan"... C’est qu’on est avec Les Beach Boys de 1966, à croiser des pick-up indolents dans des villages au tracé limpide, entre Wellington et New Plymouth. C’est qu’on est là où l’Irlande, par exemple, aurait rencontré la profusion polynésienne... Vous me suivez ? Quand on me demande d’où je viens avec mon accent si charmant, je montre le sol. Je désigne ce diamètre qui me sépare de vous désormais...."

De titre en titre, nous passons de diamètres voisins en diamètres amis...Ce qu’il ressort de "Waimarama", c’est cette fraîcheur, cette naïveté de façade... Les sphères temporelles se télescopent, dans des confessions pudiques comme dans "Sans John"...

"Il est né au Mans à la fin des années soixante Il a passé sa vie à ressasser son enfance plus flippé qu’on ne le soupçonne elles ont filé trop vite ces connes ces trois décennies sans John"

Pardon excusez-moi... Oui Gerald... Hein.... ??? Quoi ??? Non... Non....Franck Monnet n’est pas un fan de Pink Floyd.... Tu m’excuses là, patron mais comme tu peux voir, il y a du monde... Je te laisse... Oui, c’est ça... Héhéhéhé....Oui... D’accord ... Je te laisse...

Excusez-moi encore...C’est encore Gdo qui vient d’ouvrir la porte pour me glisser une de ses bonnes blagues dont il a le secret...

Reprenons :

"En 2008, j’ai peu à peu quitté mon pays natal pour la Nouvelle Zélande pour y rejoindre la femme que j’aime depuis que j’ai vingt ans.Nos vies avaient été d’inextricables rébus pendant trop longtemps, à mon goût. Il me fallait du sens. Elle vous dirait les chansons qui sont pour elle dans mes autres disques. Le code qui unit les gens d’un bout à l’autre du monde... a été inventé dans les années 60 et distribué dans les années 2000. Grâce à ce code, j’ai envoyé des chansons d’amour et d’avenir à ceux que j’avais laissés en France, qui me manquaient beaucoup...Loin des yeux, mais pas des oreilles... Elle vous parlerait de Paekakariki"....

"Waimarama", c’est un peu comme un rébus à déchiffrer, comme une nostalgie du présent qui annonce des lendemains où nous serons "Différents"... Et puis il y a ce duo avec Camelia Jordana, "Plus rien à me mettre" qui vous évoquera "Les Dessous chics" de Gainsbourg par Birkin.... A la mention de Camelia Jordana, je vous entends déjà hurler "Au secours !!! Fuyons !!!" , vous auriez tort.... Bon après, c’est vrai, c’est facile pour moi de vous dire cela car je dois vous avouer que je ne savais pas qui était cette demoiselle avant d’interroger ma compagne sur le sujet... Je n’avais donc aucun à priori négatif sur le titre....

"Je reviens trop rarement

à chaque fois il me faut quelques jours

pour reprendre mes marques

la dernière fois, il y a cinq ans

la neige n’avait pas encore recouvert

les trottoirs, les marches

la neige assourdit tout

Parait qu’elle allaite les faons, les hiboux

Parait qu’elle allaite les lamas, les lynx et les loups...."

chante en hommage à Lhasa de Sela dans "Les Faons" Franck Monnet....

Pardon...Excusez-moi...OUI... Gérald.... Oui.... NON.... Franck Monnet Monnet Monnet n’est pas un fan d’ABBA.... Non... Non... Bon tu m’excuses mais je referme la porte...Non... Mets pas ton pied, Gérald...Enlève ton pied, Gérald.... Oui...Oui...C’est celà....A plus tard....

Où j’en étais ?

"Exilé, je racontais le deuil dificile de Lhasa de Sela, je chantais ce bonheur tout neuf, je chantais encore quelques souvenirs, puis je me disais père, je me racontais fils...Je sondais, je sondais...Je faisais des maquettes, je me reconstruisais...."

"Waimarama" est de ces albums voyageurs, baroudeurs, explorateurs sensibles de nos passés, nos présents et nos avenirs incertains à fabriquer.... Nous sommes tous des héros, des héros du quotidien, des architectes supérieurs face aux pyramides célestes... Veuillez m’excuser pour ces interruptions trop régulières... Je vous laisse car je vois que la porte s’ouvre....

Oui Gerald ????

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