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Je suis resté longtemps comme tétanisé par les chansons de Rouge. Chargées d’une telle poésie, si lourdes de sens et de douleurs. De ruptures, de cicatrices, de blessures…Une écriture au-delà du trouble, que l’on ressent comme jumelle de la sienne. Des sentiments si proches. Déroulés comme une longue phrase musicale, littéraire. Un vocabulaire si nouveau pour propager ces états d’âme, les accidents. De dangereux amours, dont on sort à peine vivant. Mais accompagné pour toujours par cette langue secrète, poésie parfaite, langage aux frontières du dicible. D’où les affres de l’attachement s’échappent de chaque vers, de chaque note. Doucement martelée, suave et toxique. Charnelle et d’une tristesse insondable. Celle qui prend racine dans la volupté et l’éphémère. Les souvenirs douloureux, une peau caressée, des verres vidés. Ce “poème du temps”, que l’on aime… Sans mesure, sans limite. Sinon celle de ce plafond de verre que dessine Rouge.

Dans ce laps de temps, aux angles interdits, qu’offrent ces chansons, je prends les fils qu’elles me tendent, et je m’enlace avec, comme on lie nos déroutes, les chemins croisés. Dans ce laps de temps, des nuits à écouter ce disque, à regarder cet autre désir.

Alors qu’il est en nous, déjà au dedans. Alors qu’il est déjà ce corps ultime, en lieu et place de ce monde servant, les sentiments, les addictions dans lesquels on est privés d’air. Ce non-lieu toujours cherché dans les yeux de son double. De celui, de celle qui le disait.

Dans ce laps de temps, c’est un continent que j’ai découvert, sa jouissance en nuages sombres, dont j’embrasse les lèvres rouges.




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