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J’aime la poésie quand elle enfile sa veste de velours et nous promène dans les faubourgs d’édifices propres, luxueux, emplis de moulures presque baroques, vous savez bien, ces détails orientaux de végétation fine et en pleine apogée. J’aime alors perdre mes idées dans les regards que je tends a travers la vitre d’un quelconque transport, pourvu qu’il soit lent, pourvu qu’il savoure ces dehors qui ont pour rythme le va et vient sourd d’un cœur en apothéose artistique. Et là, se faufilant comme ombre sur les murs et les recoins, les petites gouttes parsemées de valses japonaises d’une musique qui navigue sous la peau et dessine un relief de douces collines. Suivez-vous mon périple ? Tant suave qu’il éveille, tant onirique qu’il se perçoit comme pluie sur nos crânes. Jadis je faisait ces odyssées sur des Ferry (Brian, pas le bateau), sur Rain Tree Crow, David Sylvian, Sakamoto et parfois sur des silences où j’inventais les sons au limite des transes, et les faubourgs nobles devenaient planètes de mélanges, landes tibétaines hébergeant des rues d’Essaouira, de ces parcelles de musiques capables d’ouvrir les espaces , de faire que des saules pleureurs s’ébranlent d’une danse du ventre, que les colonnes des petits palais deviennent geishas d’yeux noirs.

Et a l’arrière d’un taxi, dans les coulisses en mouvement d’une ville (choisissez la votre), je laisse mes points de vues s’envoler de ciments en verres, de fer forgés en tuiles ocrées, je pénètre a mon tour dans ces atmosphères éthers, où l’air pèse comme un mot, ni plus, ni moins, le poids d’une phrase chantée avec passion sur des clochettes semant des violons sur les étapes du voyage, plus tard je me rendrais compte que je n’ai pas pénétré dans cette sonorité, mais c’est elle qui me force, qui m’envahie, et l’envahisseur est subtil, riche comme ces immeubles, peaufiné jusqu’à l’art. A l’arrière du véhicule, Pillars and tongue a volé mes pensées, vidé mes recoins intimes, et invité a l’autre bout de moi, en une messe charnelle, en un voyage sage, on ne sait où, on ne sait jusqu’où, on subi, on boit leurs fleuves, on sent la vie, gagner la bataille, tant la vie est rêve.




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