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Philippe, je crois qu’entre nous tout est fini. J’ai fait mon possible pour convaincre ma famille que tu pouvais vivre avec nous. Elle avait aimé ton éducation anglaise, la beauté de ton jardin botanique. Elle aimait cette façon classe et timide d’incorporer des grossièretés au milieu de chanson. Elle avait elle aussi des efforts pour t’accueillir, le numéro du poulet était toujours affiché sur l’ardoise de la salle à manger qui faisait office de tableau des compliments à écrire ou à effacer. Te voir en slip sous la neige carbonique a eu un premier effet dévastateur pour ma famille, mais ton aversion pour la fille du borgne fera dire à ma maman, mais c’est un bon garçon dans le fond. Puis il y eu ces micros chansons, cette banane, ce rêve, ce générique de Windows dans une famille pro Mac, là j’ai eu un mal de chien à te faire inviter pour la blanquette du dimanche en famille, d’ailleurs tu l’as senti, le poulet n’était plus au menu. Moi je continuais, le débat donnait aux réunions de famille un air de Festen, mais je parlais de toi comme d’un chanteur virant vers quelque chose qui allierait l’art contemporain (la dernière œuvre de la femme qui expulse des œufs de son vagin sur une place doit plus que jamais prendre en compte le mot art avec plus de pincette) et le cabaret. Mais chez moi on finissait pas te reléguer au rang au mieux de bézu intello, en référence à tes reprises dans lesquelles nous pouvions trouver celle du pensionnaire de la classe.

Alors autant te dire que là je vais profiter de « Magnum » pour te quitter définitivement, car entre ma famille et moi j’ai choisi. Tu as beau t’être acoquiné avec un type branché électro, ce qui pouvait être à la base une aimable diversion pour contrer une forme de timidité, que sais je, me renvoi aux disques que l’on vendait sur les marchés de province, ces disques de reprise par Joe Bill et son orchestre ou Michel et ses Michelettes, les chansons borderline en plus chez toi. En plus pour celui ci certains de tes tics d’écriture sont éculés, tu sembles éssoufflé, écrasé sans souffle, comme le combat de boxe de trop dans une salle poisseuse. En avant les énumérations, en avant les répétitions d’un mot jusqu’à la nausée, en avant les oxymores…… c’est la panoplie complète de la palette d’écriture que tu t’es façonné.

Alors j’ai peur de ne pas être le seul à devoir te dire aurevoir, mais je sais que dans le fond tu dois t’en cogner avec les grosses couilles que tu dois avoir, tu en parles si bien. A force de jouer avec les degrés tu as tourné le bouton par machinisme, comme un robot après tout. C’est probablement ton destin, alors continues et prends toi en main, je vais jouer avec toi, feindre la surprise, tu es un inconnu, je vais chercher d’autres fréquentations.




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