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Qui est Léopoldine HH ? S’est-elle échappée d’un monde fou ? A-t-elle traversé l’univers poursuivie par des extra-terrestres improbables pour enfin atterrir chez nous ? Est-elle née dans une maison en sucre d’orge ? A-t-elle fait ses études dans un grand château caché au fond de l’Ecosse, invisible au regard des simples mortels que nous sommes et seulement atteignable par un peuple aux étranges pouvoirs ? A-t-elle grandi entourée de fées et d’elfes ? Est-elle la fille cachée d’un prince et d’une licorne nourrie à l’ecstasy ? A moins qu’elle ne soit en fait elle-même une créature de conte de fée pour adultes qui ne savent pas choisir les champignons en forêt ? S’est-elle perdu dans une jungle peuplée d’oiseaux chantant en allemand des comptines de soldat russes ? A-t-elle trouvé sa voix en se tissant des cordes vocales d’une soie si pure qu’on ne peut la récolter qu’au lever du jour dans une région mystérieuse, quelque part au-delà des brumes du Gange ? A-t-elle vendu son âme à Terpsichore, à Melpomène, à Thalie ou à Euterpe ? Est-elle une chercheuse folle tentant de révolutionner la cuisine en lisant les recettes à l’envers pour voir si on peut faire un dessert avec du homard ? Tente-t-elle de transcrire les fables de La Fontaine sur un moog voyager ? Est-elle la dresseuse d’un chœur de chats tyroliens ? Ou le génie d’une lampe sans maître ? Voudrait-elle réduire le monde à néant en lui tendant un miroir reformant ? A-t-elle participé à un grand complot visant à détourner la terre de son orbite ? A-t-elle oublié de devenir une adulte ? Est-elle l’héroïne d’un manga ouzbek ?

Tant de questions qui ne trouveront pas de réponses dans ce premier album que l’on écoutera pourtant en boucle tant on a besoin de trouver des réponses à l’absurdité du monde, tant on a besoin de la folie des autres pour accepter la nôtre, tant on a besoin de la beauté pour croire que le jour peut encore succéder à la nuit.