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Parfois on n’y croit plus. On finit par les oublier ces compagnons du virtuel comme des amis que l’on finirait par perdre de vue par négligence... Bientôt, on ne croit plus en leur retour possible, pourtant souvent on les a aimé fort, on les a gardé pour soi ces inconnus anonymes, ces jamais perdants car jamais vraiment des tueurs, des gagnants...

Que dire de Luluc projet confidentiel et annexe d’un projet tout aussi confidentiel à savoir Grand Salvo ?

Les quelques rares qui avaient eu la chance de découvrir par hasard leur premier et unique album à ce jour, "Dear Hamlyn", en 2008 ne s’en sont toujours pas remis.

Rien de révolutionnaire, rien de novateur en diable, juste des vignettes charmantes et désarmantes à des années lumière de l’artificialité fardée en mode peintures de guerre marketing d’Angus et Julia Stone.

Cette grâce exaltante de ce duo, de ce peut-être couple à la vie avec cette complicité de ceux qui font l’amour.

Refusant le plomb, lui préférant les plumes, Luluc joue à "Pierre, feuille, ciseaux" comme deux enfants sans âge.

Comme le dit si bien Antoine Emaz dans sa relecture poétique de "Demain de nuits de jours" de Jean-Louis Bergère dans sa prolongation livresque sortie il y a peu :

"Vivre, en coudre ou en découdre avec les nerfs, l’hiver ou le printemps, le corps, la mémoire qui fuit le monde reste et pèse son poids au jour le jour nuit après nuit, la peine, les bouts de joie qui luisent dans l’ombre et la nuit vient quand on est seul enfin face au jardin tranquille".

"Passerby" c’est retrouver ce jardin tranquille...

Le seul féminisme tolérable, pas de ceux qui vous castrent, qui vous sexualisent sans nuance, la seule forme de féminité comme un double d’identité, comme la mue du lézard, comme un changement de peau, c’est de ces musiques là qu’elle vient. Ces soupirs qui éveillent en l’homme sa part maternelle, cette envie de rendre cette main lasse enfin chaleureuse, souriante. Ces murmures qui réveillent en la femme cette gravité de l’oubli, comme une buée sous la peau...

Nos seuls espoirs de parité authentique sont à chercher ici...

Cette douleur qui ne connaît pas d’alphabet. "Passerby" évoque les proches de Zoë Randell et Steve Hassett, inconnus enfin compris.

Grâce soit rendue à Aaron Dessner membre des National et de Clogs aussi discret dans son travail de production que pleinement partisan de l’aventure. Sans aucun doute, sa participation au projet apportera un éclairage médiatique moins confidentiel à l’album.

Plus proche de l’organique vibrant de Clogs que de l’efficacité Pop de The National, Luluc poursuit sa déambulation dans ce Folk des antipodes sur les terres de Kings Of Convenience, Tiny Ruins ou de plus anciens maîtres.

Délicatesse, dandysme rural, tâtonnements graciles... Parfois dans l’urgence du vol du papillon entre spasme et épilepsie....

Bel objet langoureux....

http://www.youtube.com/watch?v=wl4WOY15_nA

www.lulucmusic.com/




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