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Gwenno Sanders est à la fois un membre des Pipettes mais aussi une des activistes pour la défense du Gallois, et je pourrais prolonger en vous disant que cette fille est d’une beauté à vous rendre fou. A L’heure où l’Ecosse est en passe de faire perdre sa teinte bleutée à l’Union Jack, Gwenno pioche dans la littérature de science fiction galloise (« Y DYDD OLAF » est un roman futuriste de Owain Owain) pour son nouvel album au titre imprononçable pour les français que nous sommes « Y DYDD OLAF », encore que là franchement sans effort nous pourrions être crédible.

Présenté comme cela ce disque pourrait vous apparaître comme un concept fumeux ayant pour mission de faire sortir Y Ddraig Goch de l’étole sur laquelle il est imprimée, brulant tel un Godzilla à la fois les livres d’une langue anglaise envahissante, mais aussi poussant dans ses derniers retranchements une Angleterre qui n’en a toujours fait qu’à sa tête, et pas qu’en matière capillaire.

Non ce disque n’est pas un disque de combat, il plonge dans les arcanes d’un Krautrock, se drapant du drapeau d’une électro pop de chambre, portant une voix vaporeuse et cristalline.

Hypnotique, ce disque nous enrobe de sa fausse douceur, nous invitant de façon contrainte mais pas forcée a faire la révolution avec elle, chantant dans la rue, le poing en l’air et le pas précis, ce « Calon Peiriant » qui serait peut être la chanson qui pourrait rendre tellement jaloux Blonde Redhead qu’ils prendraient des cours de gallois sur le champ.

Un son qui rappellera à certains les grandes heures de My bloody Valentine (les guitares ici remplacées par des synthés, des boites à rythmes) du Ghee Club, le son d’une pop quasi religieuse pour peut que notre dieu soit plus un abonné aux sorties de Sarah Records plutôt qu’à la petite gazette de la grande chapelle.

Le tout pour un résultat qui me donne des frissons tant je me sens incapable de retranscrire en mot le bonheur de ces écoutes qui ne sont ni de la science fiction, encore moins une nouvelle torture version Guantanamo. Gwenno signe en gallois un disque au fourmillement étonnant, à l’immédiateté tétanisante (le nombres de pépites rendraient fou un chercheur d’or), un grand, très grand disque tout à la fois politique et féministe, tout à la fois pop et laborantin. Gorchestwaith.




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