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Recevoir des nouvelles de Marc Huyghens fait toujours plaisir. Sept ans depuis le split de Venus (meilleur groupe belge, avec dEUS, de la fin 90 / début 2000), le chanteur / guitariste réenclenche le projet Joy (association entre Huyghens et Françoise Vidick) après un premier album éponyme paru en 2010.

Au sein des murs, la violoniste Anja Naucler a laissé place à la volcanique Katel (qui officia un temps au sein de Maissiat – l’aventure solo d’Amandine, l’ex Subway). Moins surprenant, John Parish produit ces onze nouveaux morceaux (moins surprenant car la rencontre Huyghens / Parish semblait couler de source ; les deux artistes partageant de telles affinités sonores qu’ils se devaient, un jour ou l’autre, de collaborer ensemble). Le résultat, « All The Battles », est un disque à contrastes : des ambiances arides, prêtes à exploser, se superposent à des ballades lumineuses ; le folk orchestral se fait lacérer par une soudaine explosion rock ; les chants masculins et féminins se donnent la réplique, s’enchaînent ou bien se heurtent…

Disque varié mais pourtant cohérent, ce nouveau Joy brouille les pistes. En ouverture, « Sunday and I » est une chanson folklorique dans le sillage des premiers Waterboys ou du James de « Stutter ». Le titre « All The Battles », lui, est une ballade mélancolique enrobée d’une étrange sérénité. « DNA » flirte avec un lancinant blues électrique (la production, superbe, aiguille le morceau vers l’essentiel). De son côté, « Drift And Drive » égrène une basse très « Dry » sur une ossature tendue et un chant masculin / féminin qui semble confesser là un terrible secret. Plus belle chanson de l’album (et possible hit en devenir), « Life » renvoie au meilleur de Tim Booth (car oui, la voix de Marc Huyghens rappelle toujours celle du frontman de James)… La patine de l’album permet de relier des ponts entre ces différentes tonalités musicales ; d’offrir une impression d’œuvre globale, souvent implacable, n’ayant rien d’une collection de chansons aux horizons épars.

On aime également ce nouveau Joy, et plus généralement le travail de Marc Huyghens, car l’auteur de « Beautiful Days » (diamant éternel) possède un talent à chérir : chez ce songwriter, colère, tristesse comme désillusions se retrouveront toujours sublimées par une musique qui refuse de plier l’échine, par des arrangements et des textures qui préfèrent l’éclat du soleil plutôt que l’insistante noirceur. Et des Pale Fountains aux Smiths, des Orchids à… James, on sait depuis longtemps que si la plus fascinante des pop est parfois sombre au-dedans, elle n’en reste pas moins étincelante au-dehors. Paisibles tourments.

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