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Il y a encore peu de temps, je ne savais rien de Rey Villalobos. Rey, je vous ai dit Rey, pas Heitor, pas ceului des "Bachianas brasileiras". Je ne savais rien de House Of Wolves. C’est le seul hasard des rencontres que permet Internet qui m’a fait rencontrer le spectre fragile de "Fold In The Wind".

Avec cette voix androgyne, House Of Wolves vous arrachera les quelques larmes qui vous restent dans votre petit cœur asséché. ("50’s")

En son temps, un autre Bill (Pritchard) que celui de Smog assenait que parfois c’est mieux d’être amer.

D’amertume, ici, il est question. De renoncement, de fragilité aussi.("Jealous")

L’émotion se tient ténue, à l’ornière dans ces quelques accords de guitares effacés derrière un delay brumeux.

Lo Fi, osons le mot, comme en son temps le Bill de Smog.

Pourtant, les formes qui constituent les striures multiples de ces petits enclos poétiques en suspension , ce sont celles de Mark Linkous.

Il y a dans la musique de Rey Villalobos ce caractère hantologique, comme une répudiation des frontières entre le moderne et l’ancien. Mêler les complaintes de torch singers des grandes dépressions américaines à la mouvance des sables de Leyland Kirby.("Acres Of Fire")

Pour quelques instants, imaginez-vous au milieu de nulle part. Ce petit transistor qui diffuse une musique gracile, toujours au bord du désaccord. Une musique qui réveille en vous ces "je vais tenter, je vais pouvoir".

Comme dirait Bill, notre Bill, nous sommes des sisyphes avec nos cailloux à charger comme fardeaux à la recherche de nos temps précieux trop vite consommés.

Nous serons bien trop vite sans âge, à la lisière de nos lèvres muettes, claudiquant le long du vide. ("Ageless").

Chez Rey Villalobos, pas de quête waldenienne de rapport à la nature. D’ailleurs, y a t’il une quête ? L’enjeu, ici, est le rapport à soir, à la nature humaine.

Pourtant, l’on se perdra dans les arômes des roses sauvages dans les fjords endormis. Nous serons pleins et ouverts.

Nous nous baignerons entre les échos des frappe de la machine à écrire de Jack Torrance et la musique qui nimbe les murs de l’Hotel Overlook. Cette sinuosité infiltrante qui monte du ballroom des bas fonds. Nous irons nous noyer dans ces rivières de chagrin comme les rats du Joueur de flûte de Hamelin. ("Follow me").

Pourquoi cette connivence immédiate par delà le temps passé avec Fra Lippo Lippi, les Lotus Eaters, The Middle East ? Sans doute parce que nous nous reconnaissons dans cette addition à la fois savante et tout simple de fragilité, de maladresse incertaine et de fêlure portée comme un étendard à la face de l’arrogance.

Rey Villalobos est votre nouvel ami, un ami précieux comme les gars toujours quand il faut.




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