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Ca fait déjà quelques temps que mes yeux et mes oreilles trainent du côté des Ravines, pour plusieurs raisons : Sébastien Polloni sort son album sur le label "les imprudences", label de M. Bertrand Betsch, et il a fait l’objet d’une campagne de financement collaboratif (brillamment réussie) sur le site microcultures. A ce stade, ma curiosité me pousse à aller plus loin. Qui est-il ? D’où vient-il ? Que fait-il ? Par les temps qui courent, puis-je prendre le risque d’écouter ce disque sans prendre toutes les précautions nécessaires ? Une rapide recherche m’apprend qu’il habite en Auvergne, la région qui héberge, en vrac : Pain-noir, The Delano Orchestra, le label Kutu records, Jean-louis Murat, Dempster highway… autant d’êtres éveillés que de volcans éteints*. Cette fois, s’en est trop, il faut que j’en ai le cœur net.

La tête part en rythme immédiatement, puis viennent les mots. Il me faut un moment, de doute, pour comprendre que, quand Sébastien Polloni souffle la facilité, c’est pour souligner le sens du propos. Ok, même moi je ne comprends pas le sens de ce que je dis. Disons simplement que la forme a du sens. Vraiment. On est tout de suite prévenu, il faudra tendre l’oreille tout au long de l’album et ne jamais croire au premier degré, à moins que... Au premier refrain, je n’ai pas honte de le dire, je suis conquis. Il ne me reste alors qu’à suivre le cours pas vraiment tranquille de cet album, ce qui n’est pas toujours une mince affaire : comme le clip de Dis-moi nous le montre, il faut aller jusqu’au bout si on veut avoir une chance de comprendre le propos de Sébastien Polloni.

Je repense régulièrement aux noms cités au début de cet article (Bertrand Betsch, Jean-Louis Murat), parce qu’ici aussi, on me raconte des histoires, parce que la musique me fait plonger dans ces histoires et parce que je peux réécouter les chansons plusieurs fois et toujours y découvrir un détail qui m’avait échappé. Parce qu’un titre qui me paraît doux et léger à la première écoute, me saute à la gorge à la deuxième, me fait frissonner ; et pleurer. Parce que l’évocation du morceau suivant me fait sourire de bonheur. Finalement, c’est pour ces émotions qu’on aime la musique, non ?

Voilà un disque dont je sais qu’il m’accompagnera un bon moment. Pas un de ces albums que je vais écouter en boucle pendant une semaine, plutôt un compagnon que je retrouverai régulièrement avec toujours autant de plaisir, un de ces amis qui ne te fait pas la gueule parce que tu n’as pas donné de nouvelles, un vrai ami.

*Pour les plus jeunes, demandez à vos parents, ils vous expliqueront.




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