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Je vous avez dit qu’on recauserait vite de Specific Recordings, ce label qui a eu la bonne idée d’aller dénicher pour nous des petites merveilles là où règne Mamoru Oshii !

Après un Charisma.com qui donne envie de sauter partout, un Tokyo Karan Koron qui balaie autant de spectres musicaux que de fuseaux horaires nous séparant d’eux, nous arrive à point nommé ce Passepied.

A point nommé car sa parution laisse penser que Specific Recordings suit une ligne éditoriale. L’album paraîtra plus poussé, du moins pour ceux qui parmi nous se familiarisent ou découvrent la J-Pop. Y’en a pour tous les goûts dans cette trop vaste étiquette (comme toutes les étiquettes vous pourriez me rétorquer). Étant amateur occasionnel de J-Pop, Passepied m’a permis de pousser encore plus loin mon envie d’exploration et de grossir mes amours du Pacifique qui avant ces parutions étaient quasiment limitées à BabyMetal.

La première chose qui m’a sauté aux oreilles, là c’est le musicien qui parle, c’est le niveau impeccable du groupe, la mise en place à pleurer. Toute cette innocence et cette fausse naïveté ne parviendra pas à cacher une évidence : les bons groupes japonais font de la pop comme personne. Si je devais absolument trouver une référence ce serait ce moment magique où tous mes héros du rock prog ont fait des tubes au début des 80’s. On se retrouve avec des monstres au service de l’évidence, que ce soit Yes, Genesis, King Crimson, la naissance de supergroupe comme Asia (tiens donc !). Je parle d’état d’esprit. Passepied vous fera danser, oui c’est logique hein, vous plongera dans une torpeur du style « ah si je pouvais enregistrer comme ça », et vous replongera forcément dans votre enfance, évoquant un ultime générique de japanimation, contraction on ne peut plus équivoque.

La voix est poussée à un point impressionnant qui m’a fait passer d’un léger agacement, le temps de l’accoutumance, à une grande admiration. Mais comment fait-elle pour chanter comme ça ? Montagnes russes vocales, timbres multiples tirant des fois un aigu digne d’un écureuil (pour pas dire Pokemon) pour mieux repartir vers d’autres horizons qu’on n’avait même pas eu le temps d’imaginer possibles. On fait avec les références qu’on peut ! La production impeccable ne triche jamais. La guitare part en duo avec la chanteuse (« Dare » par ex), puis retourne envoyer bien rock avant de s’envoler ailleurs. A l’instar de cette basse folle alors que la batterie suit l’une ou l’autre, reprend le contrôle, le laisse à un invité...Le tour de force de la mise en place est son évidence comme ces effets spéciaux qui ont pour vocation de devenir invisible malgré leur virtuosité.

En douze tubes Passepied déballe une inventivité bouillonnante, fourmillant de détails tout en restant abordable dès la première écoute. On sait où on est et où on va.

C’est un de leurs atouts majeurs : le groupe s’amuse sans jamais noyer l’auditeur dans un propos bourbeux de références obscures. Et en plus ça joue à foutre la honte à la majorité des groupes de math rock tout en restant immédiats et sooo kawaii. Preuve que quand on veut, la musique est vraiment universelle et passe bien au-delà de la tour de Babel ou d’autres murs dans lesquels on s’enferme si facilement.

On vous attend chez nous !

Pour le vinyle il convient de souligner quand le boulot est bien fait. Surtout quand c’est une belle édition à un prix éthique. Je ne dis pas prix correct, mais bien éthique, à cette période d’emballement de la majorité des labels tous pressés de scier cette si jeune et fine branche sur laquelle ils assoient leurs gros culs par dizaine.




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