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Connaissez-vous vraiment le malaise ? Cette sale sensation qui s’insinue, sans qu’on puisse la verbaliser. Une espèce de gêne qui finit par vous bloquer totalement.

Ce n’est pas de la peur, celle-ci s’identifie plus facilement. Le malaise est plus pernicieux, il vous prend même parfois au dépourvu. Et souvent, le malaise vous aide à vous découvrir. Il faut savoir l’apprivoiser, ne pas l’éviter, car sinon il lui prendrait l’envie d’exister par lui-même.

L’’artwork distille immédiatement cette sensation. De la souris éventrée de la pochette qui est étrangement belle à l’insert nous dévoilant un type bras baissés au milieu d’une foule de sympathisants d’Hitler faisant leur fameuse quenelle. Le voilà le malaise, des fois il est la raison qui prend une personne quand tous sont devenus fous. Mais on le sait, la majorité a toujours raison...reste donc cette sensation qui vous englue.

Un son pour une sensation, une voix qui se pose et parfois décolle, joue avec la justesse comme une façon de mettre en voix ce bon vieux dilemme entre justice et légitimité. Malaise est un groupe qui se vit mais aussi qui donne à réfléchir. Aussi instinctif qu’intellectuel sans virer dans les excès de l’un ou l’autre. C’est une alchimie assez rare pour que je m’y épanche car elle définit bien plus leur musique qu’une quelconque description bourrée de comparaisons.

*Leur son évoquera certains mythes par cette ambiance froide comme une vague, telle une Desintegration cauchemardesque qui serait née dans la cave des Ailes du Désir, au milieu des mauvaises graines dans une odeur de béton mouillé.

Je vous ai parlé aujourd’hui de ce précédent album (2014) pour mieux vous préparer au prochain qui arrive sous peu. Attirer votre attention sur la meilleure réponse à I Love You But I’ve Chosen Darkness que la France abrite.

Je n’en dirai pas trop sur les trois protagonistes de l’ombre, ils ne sont pas à l’aise avec les éloges bien que leurs disques sous d’autres noms en aient reçu des stères (The Austrasian Goat pour n’en citer qu’un, écoutez « Paved intentions » et pleurez de toutes vos émotions).

L’édition vinyle de Malaïse est issue d’une collaboration de labels (213 records, LDFC…).

Je ne vous en dirais pas plus, en espérant vous en avoir dit assez pour vous pousser à chercher, mais surtout pour vous préparer à la suite qui arrive sous peu et que je chroniquerai en temps.

*PS dispensable ! La phrase à l’alinéa aurait pu être la traduction québécoise de « cette ambiance cold wave […] au milieu des Bad Seeds ». Dispensable, mais bon je m’en voudrais de dissimuler d’obscures références qu’on ne serait que quelques uns à comprendre hein. Autrement dit, si j’en ai marre de citer et de faire du name droping, ça n’excuse pas une phrase tournée vers nos petits cercles, et j’aurais du citer Killing Joke plutôt que de me complaire dans des private jokes...




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