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Une pochette en toile de jute. Trois silhouettes. Quatre lettres. Des milliers de flash de bonheur. Voilà de façon numéraire comment résumer le disque le plus abracadabrantesque de l’année, mais aussi, probablement le plus jouissif, le plus explosif, le plus madeleine de Proust, avec son orgies de références entrainées dans une valse étonnante, ne serait ce que sur le magnétique et fou « Forever Awesome ! ».

Dés l’introduction de « You’re Right But I Don’t Care » nous savons que l’écoute de ce disque ne se fera pas sans surprise. Ca et là un coup de flute, là une chorale, ici une guitare marsupilami, là comme un clavier toy qui s’amuserait à se moquer du chant qui lui sort avec maestria de cette lessiveuse au tambour ralenti, qui parfois quitte la fonction manuelle pour une fonction plus automatique. Dans ce titre d’ouverture il y a 76539 chansons, et des petites mains sont encore en train d’en retrouver d’autres, nous vous tiendrons au courant dans les semaines à venir.

Vous étiez dans une fête foraine bizarre, « Lather » vous conduira dans un cabaret en sous sol, une chanson sublime lumineuse et pesante à la fois, une pause méritée et bienveillante après le chahut du début, comme si Radiohead amenait Jeff Buckley dans un Sin-é brumeux. La basse qui ouvre « Zoologie » est le signe annonciateur, le style de signe de ralliement que les Ouh ouh confirmeront. Seulement quatre titres et déjà trois tubes, trois chansons dans la tête pour la journée, que vous pourrez mélanger sans problème (la première est passée maintenant à 76543). « Headache » se fera plus tendu, un titre qui sortirait d’un OK Computer désabusé (si si c’est possible) qui nous amènera vers «  Since You’re a Shark » moment lumineux et prenant. Fermez les yeux, retenez votre souffle, Adam & The Madams vous emmènent dans une faille, sous l’océan, là des étoiles jouent des percussions et les requins n’effraient pas. Et la question de savoir pourquoi nous sommes si tristes (« Why So Sad ? » ) peut être posée, et j’attends votre réponse à la fin de ce blues rugueux et aéré, une poignée de main chaleureuse vers les Black Keys, scellant et adoubant ces solos qui ici ne souffrent d’aucunes discussions. Il sera temps alors de se quitter, via un « bully » à l’os (un clin d’œil à Larry Clark ?) folk song sèche lorgnant vers un orient rêvé, nous amenant vers une libération entre mélancolie et joie de ronronner de contentement.

Etonnant que ce disque, qui nous tirera autant les larmes qu’il nous mettra dans une transe quasi enfantine. On retrouve ici l’esprit de Pavement, de Beck du Beta Band, mais avec une signature affirmée. Un contenant étonnant pour un contenu bluffant.




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