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Bon, évidemment, avec ce disque je vais parler de vague froide, de cure, de division de la joie, et de ces sensations qu’on peut avoir quand on roule par une nuit froide au ralenti dans une ville lumineuse et sombre, dont les néons rappellent que le plaisir est à portée de portefeuille, là, juste derrière le rideau de velours rouge. Les reflets danseraient sur les vitres jouant avec nos visages immobiles, poupées de cire scotchées par l’immensité des buildings, l’intensité des contrastes. On aurait aussi envie qu’il neige, un peu, ou qu’il y ait du brouillard, ou qu’il pleuve. On voudrait se sentir petits et faibles pour mieux se consoler, pour mieux voir grandir cette boule de puissance qui naît dans nos ventres au rythme du kick, pour mieux s’envoler sur les nappes FM, tapis volant d’un nouveau siècle qui n’en finit plus de regarder dans le rétroviseur pour voir ce qui va lui arriver.

Alors on se retrouverait dans une cave mal éclairée où des gens danseraient, se déhancheraient comme des pantins désarticulés, chacun dans leur monde mais tous ensemble, comme pris par une énergie venant du fond, du fond de la salle. Une énergie synthétique, froide comme le vent s’engouffrant dans cette ruelle perdue et pourtant si chaude pour l’âme. Une vague portée par un homme entouré de machines folles, par une basse lourde et rapide, un beat métronomique. Une vague de tristesse qui n’arriverait qu’à nous jeter encore plus fort dans la vie, avec l’envie de s’y ruer comme des fous, juste comme ça, pour voir si c’est pas mieux quand on prend le risque de se faire mal.

Pendant ce temps, les titres s’enchaînent avec une régularité quasi sans faille, Fade away, Little plane, Long way home, les orgues religieuses de Backing friends... jusqu’au titre éponyme, celui qui annonçait la couleur, l’envie d’empathie avec ses congénères humanoïdes gâchée par un sentiment encore plus fort. Tuer les gens. Jusqu’au bout, ce disque porte une certaine idée de la mélancolie, classe, presque lyrique, sans jamais nous donner envie de s’en sortir.

VedeTT était un groupe, c’est un homme. Nerlov, un angevin qui s’est perdu du côté de Manchester et qui offre un album puissant et équilibré. Je vous passe les jeux de mots sur le vedettariat et les machines à laver pour aller à l’essentiel : ouvrez vos oreilles et fermez vos yeux.




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